Berthier à Mural
Lettre assez importante. La retraite est déjà décidée : on évacue « à force » les blessés et les malades pour ne plus conserver dans Moscou que le Kremlin ; on commence à reconnaître que la cavalerie postée en avant-g"arde « souffre trop » et on autorise Murât à se c( mettre à couvert derrière Voronovo » ; mais, dit Chambray, Murât, au lieu de se retirer sur Voronovo, g"arda sa position parce qu'il reg-ardait la suspension d'armes qui s'était établie, par une espèce de convention tacite, comme un acheminement à la paix.
A Sa Majesté le roi de Naples.
Moscou, IS octobre 1812.
Sire, deux nouveaux convois de farines et d'eaude-vie partent pour se rendre à votre quartier général. Le général Ornano, le général Broussier arrivent ce soir ou demain à Fombokoïé. Nous évacuons à force nos blessés et nos malades, afin d'être libres dans Moscou et n'avoir à occuper que le Kremlin. L'Empereur attend la reconnaissance que vous lui avez annoncée et qui doit nous faire connaître votre liaison avec Borovsk. Le général Golbert s'est porté en avant comme vous l'avez désiré, afin de protéger votre communication contre les Cosaques. Si votre cavalerie souffre trop et pour peu que vous ayez des inquiétudes, l'Empereur ne trouve pas d'inconvénients que vous vous mettiez à couvert derrière Voronovo. Je vous ai demandé là-dessus votre opinion.
La santé de l'Empereur est parfaite. Je désire qu'il en soit de même de celle de Votre Majesté. Je sais qu'elle est bien mal logée et qu'elle souffre beaucoup.
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