KoLitoiizov à Berthier
Le 16 octobre Napoléon tente une dernière fois de renouer avec Alexandre. Il envoie à Koutouzov un parlementaire, le colonel Bertheniy', avec une lettre sig-née de Berthier. Le prince de iNeuchàtel rappelle à Koutouzov que Lauriston est venu naguère proposer de donner à la guerre un caractère régulier et de prendre des mesures pour que le pays ne supporte que les maux indispensables qui résultent de l'état de guerre. Il ajoute que la dévastation de la contrée nuit à la Russie autant qu'elle alîecte douloureusement l'empereur Napoléon, et Berthier conclut en demandant la « détermination définitive » du g-ouvernement russe ^. Or, Berthemy ne se présenta que le 19 octobre, le lendemain de l'airaire de Taroutino, et le moment était mal choisi, puisque les Russes tenaient, non sans raison, cette aiï'aire pour une victoire. L'émigré Anstett assistait à l'entretien, et, bien qu'il n'aime pas Koutouzov, il assure que le général en chef « a eu une grande supériorité dans la conversation », que d'ailleurs le prince n'a pas donné à Berthemy le temps d'ouvrir la bouche. Ce fut Anstett qui répondit à Berthier, et Koutouzov n'a fait que signer la lettre. Nous donnons le texte de cette lettre d'après Ghambray qui a vu l'originaP, et non d'après la copie, assez défectueuse, qu'Anstett envoie à Nesselrode*.
\. Pierre-Augustin Berthemy, né en 1778, cuirassier en Tan VII, sous-lieutenant en l'an VllI, capitaine en 1807. clievalier de l'Empire en 1810, colonel en 1812 et aide de camp de Murât, maréchal de camp au service de Naples en 1813 et au service de France le 24 décembre 1823.