Berthier à Victor
Ces lettres sont celles que Berthier adresse à Victor pendant le mois de novembre. Lorsque l'Empereur apprend que le duc de Bellune a fait un mouvement rétrograde sur Sienno, il l'informe de la situation désastreuse de Tarmée et Fexhorte de la façon la plus pressante à attaquer Wittgenstein et à le rejeter au delà de la Dvina. 11 croit un instant que, si Victor réussit à battre Wittgenstein, l'armée pourra prendre ses quartiers d'hiver entre la Dvina et le Dnieper! Bientôt Victor recule encore; mais il recule pour défendre le passage de la Bérésina et grâce à Victor, grâce à sa résistance admirable, l'armée franchit la rivière. Le dernier, Victor passe les ponts, et c'est son arrièregarde qui les brûle. Il marche ensuite sur Zembin et suit Napoléon et la garde pendant que Ney couvre la retraite.
Viasma, 2 novembre 1812, S heures du matin.
L'Empereur apprend les événements de Pôlolsk et votre marche de ce côté. Sa Majesté espère que vous aurez repoussé Wittgenstein et repris Polot&k. L'armée est en marche, comme Sa Majesté vous l'a fait connaître, trouvant que l'hiver était trop long pour le passer loin de ses lianes. 11 est probable que l'Empereur se portera, la droite sur la Dvina et la gauche sur la Borysthône, et par là nous nous trouverons en contact.
LA GUIiRRi: DE RUSSIE 219*
MikhuïlevUa, G novembre 1812.
Je viens de meltre sous les yeux de l'Empereur Aolre lettre du 2 novembre qui m'arrive à l'instant par l'estafette. Sa Majesté ne conçoit pas qu'ayant réuni à vos troupes le 2^^ corps d'armée, vous n'avez pas pris l'offensive avec vigueur. En restant en position devant l'ennemi, vous avez tout à perdre, à cause de la supériorité de sa cavalerie légère pour nos conmiunications. L'Empereur ordonne que vous marchiez sur le général Wittgenstein et le rejetiez au delà de la Dvina, que vous repreniez Polotsk et obligiez Wiltgenstein à quitter cette rive.
L'Empereur sera après-demain à Smolensk. Annoncez-lui une victoire qui est indubitable avec les troupes que vous avez.
Mikhaïlevka, 7 novembre 1812.
J'ai mis votre lettre du 2 sous les yeux de l'Empereur. Sa Majesté ordonne que vous réunissiez vos six divisions et que vous abordiez sans délai l'ennemi et le poussiez au delà de la Dvina, que vous repreniez Polotsk'. Ce mouvement est des plus importants.
Dans peu de jours, vos derrières peuvent être inondés de Cosaques. L'armée et l'Empereur seront demain à Smolensk, mais bien fatigués par une marche de 120 lieues, sans s'arrêter. Prenez l'offensive. Le salut des armées en dépend. Tout jour de retard est une calamité. La cavalerie de l'armée est à pied; le froid a fait mourir tous les chevaux. Marchez, c'est l'ordre de l'Empereur et celui de la nécessité*.
1. A partir de là, cette lettre a été chiflVée. Elle fut envoyée à Smolensk, au général Charpentier, qui eut ordre de la faire parvenir par un olïicier.