Qui ne reconnaîtrait la « touche » de l'Empereur
Mikhaïlevka, 7 novembre 1812.
J'ai mis sous les yeux de l'Empereur votre lettre du 2. L'armée étant à Smolensk demain, il est nécessaire que vous manœuvriez : 1** pour jeter Tenuemi au delà de la Dvina; 2" pour vous maintenir toujours en communication avec l'Empereur et l'armée; vous en sentez l'importance et la nécessité.
Smolensk, 9 novembre 1812, 4 heures du soir.
Je reçois votre lettre du 4 à Smolensk. Je l'ai. mise sous les yeux de l'Empereur. Sa Majesté a vu avec peine que vous fussiez incertain de votre marche. Cette incertitude a déjà fait bien du mal.
Je vous ai fait connaître par l'adjudant général d'Albignac que l'intention de l'Empereur était que vous marchassiez droit à Tennemi, dans la direction de Polotsk, et que vous le jetassiez au delà de la Dvina.
La plus grande partie des troupes de Wittgen- ■stein sont des milices qui n'ont pas six semaines de détail. Sa Majesté attend des nouvelles.
Faites connaître qui occupe Biéchenkuvitchi et Oula. Vous n'avez pas un moment à perdre pour marcher à Tennemi. Cela es.t de la plus grande importance.- Votre principale instruction était de défendre Vilna et Minsk oij sont les magasins des armées. Cela est fort important.
Voilà deux estafettes qui manquent à l'Empereur. -Ce qui peut être le résultat du mouvement en arrière que vous avez fait sur Sienno et qui a découvert tout le pays à l'ennemi.
Sinolensk, 11 novembre 181^.
L'adjudant commandant d'Albig-nac vous a apporté los ordres de l'Empereur en date du 7 novembre. Un officier d'état-major du général Charpentier vous a apporté le duplicata des mêmes ordres le 9. Votre aide de camp, le colonel Cliataux, arrive à l'instant et me remet votre lettre du 9.
Sa Majesté a vu avec plaisir les avantages que votre avant-garde a obtenus sur l'ennemi dans des affaires de poste, et, sur votre rapport, elle a nommé le général Fournier général de division. Cette marque des bontés de l'Empereur le mettra à même d'en mériter de nouvelles dans la bataille qui va avoir lieu incessamment.
Sa Majesté va se porter avec une partie de l'armée sur Orclia. Mais ce mouvement ne peut se faire que lentement. 11 devient d'autant plus urgent (|ue vous attaquiez Wittgenstein. Si ce général a choisi un camp et une position avantageux où il soit difficile de lui livrer bataille^ il vous est facile de manœuvrer de manière à lui couper sa retraite et ses communications sur la Dvina. Vous devez partir du principe que Wittgenstein ne peut pas se laisser couper sur cette rivière. Avec les troupes que vous avez, l'Empereur ne doute pas du succès que vous obtiendrez : il doit être du plus grand résultat s'il a lieu très promptement et que l'Empereur puisse occuper Vitebsk et prendre ses quartiers d'hiver entre cette ville, Orcha et Mohilev et le long de Ja Dvina sur Polotsk. Les quartiers d'hiver ainsi établis doivent nous donner la paix dans le courant de l'hiver ou nous préparer des succès certains pour la campagne prochaine, en menaçant évidemment Saint- Pétersbourg.
Si, au contraire, vous tardez à attaquer Wittgenstein, le j^énéral Koutouzov aura le temps de se réunir à ce général sur Vitebsk et alors on ne pourrait le déloger de cette position que par une bataille générale qu'on ne pourrait pas livrer cet hiver. Nous serions donc obligés de prendre des quartiers d'hiver en laissant la Dvina à l'ennemi et probablement une partie de la Litbuanie, et dès lors, pour la campagne prochaine, l'ennemi se trouverait militairement mieux placé que nous. Vous sentez, monsieur le maréchal, les conséquences de ces dispositions.
Les deux grandes armées française et russe sont fatiguées : elles peuvent prendre des postes par des marches; mais ni Tune ni l'autre n'est dans le cas de livrer une grande bataille pour l'occupation d'un poste.
Votre armée, au contraire, monsieur le duc, et celle du général de Wittgenstein sont dans l'obligation de se battre avant de prendre des quartiers d'hiver. Le plus tôt sera le meilleur. La victoire sera complète pour vous, si vous obligez V^^ittgenstein à repasser la Dvina et qu'un corps français puisse occuper Vitebsk. Si votre corps est battu, ce qui n'est pas probable par la formation du corps de Wittgenstein <'.omposé en partie de recrues, alors Sa Majesté se résoudra à prendre des quartiers d'hiver en conséquence. Wittgenstein a tout à gagner à rester en position et vous tout à perdre.
Communiquez cette lettre au maréchal duc de Reggio et concertez-vous ensemble pour livrer bataille; ce qui sera delà plus grande importance pour la suite des opérations.
L'Empereur, monsieur lo duc, se confie dans votre attachement, dans votre zèle et dans vos talents, dans une circonstance oii vos succès sur l'ennemi sont d'une si haute importance pour les quartiers d'hiver des armées et l'avantage des opérations de la campagne prochaine.
Krasnoï, il\ novembre 1812.
Sa Majesté attend avec impatience les résultais des journées du 15 et du 16, et ce sera une grande amélioration dans les aiïaires d'avoir rejeté Witt^enstein au delà de la Dvina.
L'armée est en nmrclie pour se porter sur Orcha.
Doubrovua, 18 novembre 1812, 7 heures du soir.
Le quartier général est aujourd'hui à Doubrovna. Demain 19 il sera à Orcha et il sera porté le plus lot possible entre Orcha et Borissov, l'intention de TEmpj'Hîur étant de marcher sans délai sur Minsk.
Donnez l'ordre au duc de Reg-gio de partir dans les 24 heures pour se porter en toute diligence à Borissov avec le 2'' corps et la division de cuirassiers du général Doumerc. Il réunira à Borissov la division du général Dombrowski et les troupes de Minsk pour reprendre le plus tôt possible cette place importante.
Avec le 9*^ corps, vous tiendrez en l'cliec le général Willgenstein afin de l'empêcher défaire aucun mouvement el, comme vous ne vous trouvez plus qu'à une vingtaine de lieues du quartier général, vous pourrez correspondre facilement.
Je n'écris pas au duc de lieggio. Je réexpédierai demain son aide de camp avec le duplicata de la lettre que je vous adresse. Recommandez à ce maréchal de ne pas perdre une heure dans cette mission '^i importante.
L'armée ayant été obligée de brûler beaucoup de munitions et même de pièces par la mort de ses chevaux, par le froid et le verglas, il est nécessaire
que vous vous prépariez à envoyer sur l'armée 20 ou 30 pièces avec approvisionnement complet. Faites-moi connaître par le premier courrier de quel calibre sont ces pièces et le nombre que vous pourrez fournir.
Le duc de Reggio pourra en fournir 30 ou 40. Demandez-lui le calibre et le nombre de pièces qu'il pourra fournir.
Tàcbez d'avoir des nouvelles des mouvements de l'ennemi du côté de Vitebsk.
Doubrovna, 19 novembre 1812, 3 heures du matin.
Je vous envoie par l'aide de camp du duc de Reggio le duplicata des ordres que je vous ai adressés hier soir par votre aide de camp.
L'Empereur arrive à Orcba aujourd'hui à midi.
Il est nécessaire, monsieur le marécbal, que la position que vous prendrez vous mette plus près de I3orissov, de Vilna et d'Orcha que Tarmée ennemie. Faites en sorte de masquer le mouvement du duc de Reggio et de faire croire au contraire que l'Empereur se porte sur le général Witlgenstein, manœuvre assez naturelle.
L'intention de Sa Majesté est de se porter sur Minsk et, quand on sera maître de cette ville, de prendre la ligne de la Bérésina. Il serait donc possible que vous reçussiez l'ordre de vous porter sur Bérésino, de couvrir par là la route de Vilna et de vous trouver réuni en communication avec le 6^ corps. Eludiez ce mouvement et faites-moi connaître vos observations.
Aussitôt que vous m'aurez instruit de la situation de l'artillerie que vous pouvez céder aux autres corps, je vous, enverrai des ordres pour le point vers lequel elle peut êlre dirigée.
LA GUKRRb: DE RUSSIE 225
J'avais cliarg»'' le général Nansouty de vous reinettre un cliifiVe. Je pense qu'il l'aura laissé au duc de Bassano (jui vous l'aura peut-être envoyé. Faitesino' connaître si vous l'avez reçu, afin de pouvoir écrire dans les lettres ({uelques mots en chiffres qui empêchent que ces hittres ne soient utiles à l'ennemi, dans le cas oii elles tomheraient entre ses mains. Celte mesure est iiulispensahle, attendu la quantité de Cosaques qui vont se trouver partout.
Orcha, 20 novembre 1812.
Je vous ai expédié, monsieur le maréchal, le i 8 de ce mois, par votre aide de camp, et le 19, en duplicata, de Douhrovna, par l'aide de camp du duc de Regg-io, l'ordre pour le mouvement de ce maréchal sur Borissov. Comme ces deux officiers ont dû arriver dans la journée d'hier, TEmpereur espère que le duc de Reggio se sera mis en marche aujourd'hui 20 pour Borissov ou que, si une journée lui a été nécessaire pour préparer son mouvement, il se mettra en marche demain 21 et pourrait être le 24 sur Borissov.
Votre ordre portait de prendre une position plus près de Borissov que celle de l'ennemi. Sa Majesté suppose que vous prendrez, la journée du 21, la position de Tchereia entre les lacs; ce qui paraît le plus propre à remplir le but.
Le 22, Sa Majesté aura son quartier général à Tolotchin et probablement le 23 à Bobr et, sans doute, le 24, du coté de Natcha.
Le 2o, le duc de Reggio sera près d'arriver à Borissov. Vous cependant, monsieur le maréchal, devrez diriger votre mouvement de manière à garantir la ligne de Borissov à Natcha des entreprises de l'armée de Wittgenstein et de sa cavalerie, et comme
rariiiee n'arrivera que le 23 ou le 26 à Borissov, il faut vous tenir en mesure d'arriver le 25 ou le 2i) pour prendre l'arrière-garde de toute l'armée, que Sa Majesté a l'intention de vous confier. Gomme le quartier général sera à cinq ou six lieues de vous, les communications seront régulières et votre mouvement sera retardé ou avancé, suivant les circonstances.
Je vous ai recommandé de donner le change à l'ennemi le plus longtemps possible sur le mouvement du duc de Reggio; vous aurez, en conséquence, fait remplacer ses troupes par les vôtres à Loukholm et dans la position qu'il occupait à son départ.
Renvoyez le général Dode à l'Empei'eur avec les détails de tout votre mouvement. Je n'ai pas besoin de vous recommander de prendre le plus de vivres possil)le; cela est d^autant plus nécessaire que le passage de Borissov à Minsk, étant dans des forêts, n'offre aucune ressource.
Envoyez des agents du pays et quelques Polonais déguisés en paysans prévenir le général de Wrède de votre mouvement.
Bobr, 23 novembre 1812, 4 h. du soir.
L'Empereur, monsieur le maréchal, vient d'arriver à Bobr; le duc de Reggio est sur Borissov : il est important que vous fassiez couper la route de Lepel comme vous vous proposiez de le faire du côté de Barany, alin d'être certain que Wittgenstein ne porte rien sur le duc de Reggio. S'il y portait quelque chose, vous devez Tattaquer vigoureusement. Sa Majesté espère que vous nous aurez écrit et qu'elle recîevra ce soir un de vos officiers. Il est probable que l'Empereur partira demain pour Borissov. Aussitôt que nous aurons reçu l'ofTicier que vous n'aurez
sûrement pas manqué de nous envoyer, je vous écrirai et vous ferai connaître de nouveau les intentions de Sa Majesté. Notre arrière-garde est à Tolotcliin.
XÏI
Bobr, 24 novembre 1812, 3 h. du matin.
Le duc de Reggio a battu hier le corps ennemi de Tchitchagov qui avait débouché de Borissov, Fa rejeté au delà de la Bérésina, lui a fait un millier de prisonniers et pris ses bagages. Il est entré dans la ville de Horissov en même temps que l'ennemi.
Sa Majesté, monsieur le duc, est surprise de n'avoir pas encore reçu de vos lettres ni d'hier ni d'aujourd'hui. Je vous envoie un duplicata de la lettre que je vous ai écrite hier.
Il est probable que l'Empereur partira au jour pour Borissov.
Le duc de Reggio a dû établir un pont sur la Bérésina.
Sa Majesté désire que vous nous écriviez deux ou trois fois par jour.
Je vous expédierai un troisième officier à la pointe du jour. On espère que, d'ici à ce temps, un de vos officiers sera arrivé.
xin
Lochnitsa, 25 novembre 1812, 5 h. du matin.
J'ai mis^ monsieur le maréchal, votre lettre du 24 sous les yeux de l'Empereur. Sa Majesté a vu avec surprise qu'il n'y est pas question d'une forte canonnade qui a commencé hier à 3 heures 1/2.
Vous ne faites pas connaître non plus si vous avez vu de l'infanterie.
Votre principal but, monsieur le duc, est d'em-
pêcher le général Wiltgenstein d'attaquer le duc de Reggio et il vous avait été toujours ordonné d'arriver rapidement sur Barany afin de couper la route de Lepel. Vous n'en avez rien fait, de sorte que le général Steinlieil s'est déjà joint à l'armée de Tormassov et a suspendu notre mouvement du passage de la Bérésina qu'il est cependant si important, dans la situation oi^i nous nous trouvons, d'opérer promptement.
Vous avez, dites-vous, deux divisions qui sont à quinze verstes de Kostritsa. Portez-vous avec elles en toute diligence de manière à arriver de bonne heure à Kostritsa. Eclairez tout ce qui se passe depuis Kostritsa jusqu'à Barany. Attaquez vigoureusement tout ce qui se présent«;ra. Mettez-vous en communication avec le maréc-hal duc de Reggio qui est à Borissov où l'Empereur va de même se porter.
Il est nécessaire que vous nous envoyiez beaucoup d'officiers afin de faire connaître plusieurs fois par jour votre position et que vous puissiez dans la nuit du 25 au 26 passer la Bérésina sur les ponts qui vont y être jetés, avec le duc de Reggio, la garde impériale et votre corps d'armée, ce passage ne pouvant plus être différé.
Votre arrière-garde, étant plus éloignée, pourra continuer à couvrir l'armée dont l'arrière-garde part aujourd'hui de Bobr pour se porter à Natcha et venir à marche forcée au pont aussitôt que le passage sera ouvert.
Si le général Fournier rencontre des forces inférieures aux siennes, il doit les attaquer.
A une lieue de Borissov, le 25 novembre 1812, 2 heures après midi.
Je reçois votre lettre du 25 à 10 heures du matin. L'Empereur est étonné que vous ayez ôté l'arrière-
:o;ir(le qui couvrait Ja route de Bobr à Natclia et que vous ayez eiUièreiiient abandonné la route de Lepel à Borissov. Puisque vous êtes sur la route de Lochhitsa, ce n'est sans aucun remède. Ce surcroît d'encombrement nuira beaucoup à votre troupe.
Il est fàclieux, puisque vous étiez en présence de l'ennemi, de ne l'avoir pas bien rossé.
S'il vous a suivi et s'il vous inquiète, tombez-lui ■dessus avec votre arrière-garde et une de vos divisions.
Demain, avant le jour, partez avec deux de vos divisions pour arriver à Borissov et, de là, au point du passage.
11 serait très dangereux d'évacuer Ratulitcbi si l'ennemi est en présence. Dans ce cas, vous devez faire volte-face avec un nombre de divisions égal à celui de l'ennemi et le battre. Si vous faisiez autrement, vous compromettriez tous les corps qui sont à Kroupki.
L'Empereur voit que Tennemi vous a offert de belles occasions de le battre et que vous n'avez jamais su en piofifer. Je vous réitère l'ordre de lEmpereur, qui est que vous attaquiez l'ennemi, s'il <'St en vue de vous. Cela est de la plus grande importance, s'il est en position de s'intercaler dans vos colonnes.
Le quartier général de l'Empereur est à Borissov ce soir. Faites-moi connaître ce que vous aurez décidé de faire, quelle est la position de votre corps d'armée, ce que vous pouvez détaclier pour contribuer au passage, ce qui vous est nécessaire pour s'opposer à l'ennemi qui est devant vous.
Le passage de la rivière doit s'effectuer demain matin.
Borissov, 25 novembre d812, 7 lieures. du hoir.
L'Empereur ordonne que vous fassiez porter à 3 heures du matin à Stuzianca, point oii l'on passe la rivière, toutes les troupes dont vous pourrez disposer et que vous les dirigiez de manière qu'elles puissent soutenir le passage de la Bérésina. Vous enverrez un aide de camp pour nous faire connaître riieure à laquelle ces troupes arriveront.
Borissov, 26 novembre 18 12, 4 heures du matin.
Nous sommes maîtres de la Bérésina sur Stuzianca. L'Empereur désirerait qu'en passant par Borissov vous vous y arrêtiez pour rétablir Tordre et voir si l'ennemi ne fait aucune démonstration sur ce point. Ensuite, vous continuerez votre marche sur Stuzianca.
Borissov, 26 novembre 1812, 4 heures du matin.
L'Empereur ordonne que vous restiez à Borissov pour faire l'arrière-garde de l'armée, jusqu'à nouvel ordre.
Stouzianca, 27 novembre 1812, 1 heure du matin.
L'Empereur ordonne que vous partiez à 3 heures du matin avec tout ce que vous avez sous la main, pour vous rendre ici.
Si la rivière était assez gelée pourpouvoir passer au lieuoiise trouve le ducdeReggio, à une lieue et demie
rjtfcp^-
do Borissov, en présence de l'ennemi, fcela vous épar- «^^nerait quatre lieues. Mais comme il est probable que la rivière n'est pas assez gelée pour cela, le but est que vous arriviez le plus tôt possible et, comme on s'est battu bier toute la journée, il est à croire qu'on sera aux mains ce matin.
Si vous avez des nouvelles du vice- roi et du prince d'Eckmiilil, envoyez à leur rencontre pour qu'ils activent leur marcbe.
Il sera nécessaire, monsieur le marécbal, que votre arrière-garde tienne l'ennemi qui suivait le prince d'Eckmubl, loin de Borissov. Comme il y a beaucoup de bois où les Cosaques peuvent être facilement contenus entre Borissov et la poste, vous ferez venir, pour occuper Borissov, une brigade de la 12® division. Cette brigade devra faire toutes les dispositions pour inquiéter l'ennemi sur Borissov.
Vous aurez soin de laisser quelqu'un dintelligent à Borissov pour venir vous instruire de ce qu'on remarquera de nouveau dans le camp ennemi à Borissov.
Si le prince d'Eckmubl ou le vice-roi n<^ pouvaient pas dépasser Borissov, vous ordonneriez que Ton fit sur les derrières de l'ennemi toutes les démonstrations de passage, et même on placerait des tirailleurs et des batteries pour inquiéter la ligne ennemie.
Faites partir sur-le-champ tout ce qui a été laissé à Borissov du 124^ régiinent, pour arriver ici avant le jour et rejoindre sa division.
Je donne l'ordre au duc d'Elcbingen de passer la rivière avec tous les Polonais, tout ce qu'il a réuni du 3*^ corps d'armée et la division Claparéde pour soutenir le marécbal duc de Reggio s'il était attaqué ce matin. Aussitôt que vous serez arrivé ici, vous vous porterez également pour soutenir le duc de Reg-io.
XJX
Stouzianca, 27 novembre 1812, 4 heures du matin.
Ordre d'envoyer au quartier impérial les 1.000 prisonniers environ qui sont à Borissov.
Zanivki, 27 novembre 1812, 5 heures du soir.
L'fi]nipereur ordonne que vous p:ardiez les ponts et le village de Stouzianca. Vous enverrez des partis pour ne pas être surpris par les mouvements de l'ennemi. Vous mettrez le meilleur ordre possible au passage des ponts et vous veillerez à ce qu'on travaille à les tenir constamment en bon état.
Je donne l'ordre au prince vice-roi de passer dans la nuit avec son artillerie et de prendre son bivouac au village brûlé en arrière de la jeune garde, et j'ordonne au prince d'Ei^kniLilil de passer demain dans la matinée avec son artillerie pour prendre également position en arrière du village brûlé.
L'intention de Sa Majesté est que vous fassiez passer jour et nuit toutes les voitures de bagages et des officiers blessés et que vous donniez à tout cela la direction de Zembin.
Je donne l'ordre à l'intendant général de faire passer dans la nuit les bataillons des équipages militaires qui étaient à la suite de la garde : ils serviront à évacuer tous les blessés que le duc de Reggio a eus à Fatfaire d'Iiier.
11 est nécessaire,, monsieur le duc, que vous preniez une boime position, bors du village, sur les bauteurs, avec votre infanterie, votre artillerie et votre cavalerie, afin de pouvoir tenir là plusieurs jours et jusqu'à ce que toutes les voitures, bagages et effets quelconques soient passés.
Vous ne sauriez, monsieur Je maréclial, mettre trop de surveillance et de soin pour faire réparer les ponts et les tenir constamment en bon état et pour niaintenir le plus grand ordre dans le passage.
Zanivki, 28 novembre i812, 7 heures du soir.
Aussitôt que le feu a fini, vous aurez sûrement achevé de faire passer le pont à votre artillerie afin de pouvoir déblayer le village de Stuzianca. Vous ferez mettre le feu à toutes les voitures que vous ne jugerez pas dans le cas de pouvoir passer, afin que votre arrière-garde puisse, à 5 heures du matin, évacuer la rive gauche, c'est-à-dire le village de Stuzianca.
Vous ferez en môme temps brûler ou rompre les deux ponts par votre arrière- garde et les pontonniers du général Eblé.
Vous sentez, monsieur le duc, combien il est important que les ponts soient bien détruits. Il y a, au village, des chevalets que l'on avait préparés pour un troisième pont; il faut brûler tout cela.
On dit qu'il y a des cadavres d'hommes et de chevaux étouffés à l'entrée des ponts : il faut les faire jeter à l'eau afin que ces manjues de désordre ne soient pas connues de l'ennemi.
Au retour de l'aide de camp que vous devez envoyer à l'Empereur, on vous fera connaître l'heure à laquelle le duc d'Elchingen qui doit faire la retraite commencera son mouvement.
Faites donc passer toute l'artillerie, de préférence à toute autre voiture, et qu'elle passe cette nuit le marais, et, enfin, faites brûler tout ce qui ne passera pas les ponts.
Mettez de fortes gardes aux ponts pour en être
constamment maîtres, et que votre artillerie et votre corps passent en ordre de manière à ce que les pontsne se rompent pas.
L'Empereur pense que le général Latour-Maubourg- aura déjà passé.
S'il y a des voitures abandonnées dans le marais^ votre arrière-garde devra les faire brûler.
Zanivki, 29 novembre 1812, 2 heures du matin.
Je vous préviens, monsieur le maréchal, que le duc d'Ëlchingen commence son mouvement de retraite à 6 heures du matin.
L'Empereur vous recommande de faire passer tout ce que vous pourrez, surtout l'artillerie, et de faire brûler tout le reste de manière qu'il ne reste rien à l'ennemi.
Réglez votre mouvement d'évacuation sur l'heure à laquelle le duc d'Ëlchingen commence sa retraite. L'intention de l'Empereur est que vous marchiez en avant de ce maréchal, de manière à le soutenir s'il en avait besoin, mais cependant de manière à ne pas le gêner.
Je n'ai pas besoin de vous recommander, monsieur le duc, de faire détruire complètement les deux ponts.
L'armée suit la route de Zembin et de Plechtchenitssi.
LA GUERRE DE RUSSIE t3b-