‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 80 sur 139 · Maret à Schwarzenberg · texte numérisé non relu

Maret à Schwarzenberg

Dans cette lettre où il atténue le désastre de la division Partouneaux qui ne serait, selon lui, qu'un malheureux accident*, le duc de Bassano annonce à Schwarzenberg que l'Empereur a passé la Bérésina et battu Tchitchagov. Le général autrichien doit donc — et tels sont les ordres de l'Empereur — suivre le mouvement de la Grande Armée qui se dispose à prendre ses quartiers d'hiver; il doit manœuvrer « dans le sens de la position actuelle^ » ; il doit marcher rapidement. La lettre de Maret n'était pas très précise; elle manquait de noms propres, de noms de localités; mais enfin Schwarzenberg- devait aider la Grande Armée, devait^ pour l'aider, marcher et manœuvrer. Que fit-il? Il ne boug-ea pas : il répondit qu'il attendait de nouveaux ordres et que, pour l'instant, puisqu'il était à Slonim, il y restait, qu'il croyait se trouver à la même hauteur que là Grande Armée!

Vilna, 4 décembre 1812.

Sa Majesté est arrivée le 3 à Molodetchno. Elle m'écrit qu'elle attache la plus grande importance à ce que vous suiviez le mouvement de l'armée et que vous manœuvriez dans le sens de sa position actuelle. Elle regarde la rapidité de votre marche comme élevant avoir une grande influence sur l'état des affaires.

Sa Majesté a battu le général Wittgenstein au pas-

1. II se sert de l'expression même de l'Empereur : « Ils feront ■sonner cela, mais ce n'est qu'un accident très malheureux. »

2. « Nous garderons Vilna, avait écrit Napoléon le 3 décembre à Maret, si Schwai^zenbere: manœuvre dans le sens de l'armée. >>

sage de la Bérésina. Elle a aussi battu l'amiral Toliitcliagov et ses quatre divisions et lui a fait 6.000 prisonniers. Elle a réduit cette arnu'e à 7.000 hommes dinranterie et 6.000 hommes de cavalerie.

Il n'y a point de nouvelles du général Koutouzov.

Une brigade de la division Partouneaux s'est égarée pendant la nuit et, dans sa marche pour rejoindre le pont de la Bérésina, elle s'est jelée dans les postes ennemis. Sa Majesté la croit perdue. Les Russes feront sans doute un grand éclat de cet événement qui n'est toutefois (ju'un malheureux accident.

L'intention de Sa Majesté est d'entrer en quartiers d'hiver et de donner à son armée, qui en a grand besoin, le temps de se remettre de ses fatigues.

Je désire, mon prince, être informé exactement et promptement de vos mouvements; la dernière lettre que j'ai reçue de vous est datée de Proujany le 1"" décembre.

Je n'ai pas le temps d'écrire à M. le général Reynier. Auriez-vous la complaisance de lui donner les nouvelles que je vous transmets?

J'ai riionneur d'offrir à Votre Excellence les nouvelles assurances de ma plus haute considération et de mes inviolables sentiments.

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