Poniatowski à Maret et Maret à Berthier
Mesures proposées par Poniatowski, ministre de la guerre du grand-duché, pour réorg-aniser Farmée polonaise; la note qu'il a rédigée lui-même est adressée à Maret qui vient d'arriver à Varsovie et qui la renvoie à Berthier; mais, comme disait Napoléon,- s'il vaut mieux tard que jamais, les gens du pays auraient dû prendre ces mesures depuis longtemps, et l'Empereur ajoutait avec quelque raison qu'il avait été fort mal secondé par la Lithuanie et par le duché de Varsovie ou plutôt qu'il n'avait pas été secondé du tout.
Poniatowski à Maret.
Varsovie, 15 décembre 1812.
Votre Excellence ayant désiré une note sur les régiments polonais qu'il serait absolument nécessaire de faire revenir ici, pour organiser et utiliser le plus tôt possible par la rentrée des cadres les conscrits que l'on est occupé à lever, je crois que tout ce qui compose le S*" corps devrait être dirigé sur Varsovie, en employant même des moyens de transport extraordinaires pour y faire arriver le plus tôt possible un nombre d'officiers et sous-officiers qui devancent leurs corps.
La ïnême mesure pourrait être prise pour les régiments du duché revenus d'Espagne, savoir les 4^^ 7^ et 9® qui sont presque entièrement fondus.
Les hommes de cavalerie démontés qui avaient été dirigés sur Olitta, n'ayant aucun moyen de s'y orga-
niser, je ne saurais rof^arcler cette mesure que conifne préparatoire, et je pense (jue toute la cavalerie polonaise devrait recevoir Tordre Je se rendre à Varsovie où clia(|ue corps trouverait son dépôt*
Toutes les autres armes ayant enraiement besoin d'être réorganisées, cette opération ne saurait avoir lieu sans la présence des officiers (jui les commandent. Je dois do[ic supplier V. K. d'obtenir que MM. les colonels Bontemps et Mallet, commandant l'artillerie et le génie, reçoivent l'ordre de revenir dans le pays.
Ignorant entièrement comment on a disposé de l'artiilerie polonaise et les différents corps auxquels elle est attachée, je ne puis, vu la difficulté que Ton rencontre à organiser cette arme, que demander, si cela est possible, qu'elle soit en tout, ou au moins en partie, comprise dans la mesure générale.
La Légion de la Vistule ne pouvant être complétée que dans le duché, on devrait y recevoir également ses cadres pour être remplis soit ici soit à Posen par des hommes pris dans la conscription.
Quant aux régiments lithuaniens, j'ai déjà eu l'honneur d'exposer à V. E. la manière dont je crois (ju'ils pourraient être utilisés. Je me dispenserai donc de revenir sur cet objet.
Ne pouvant dans ce moment avoir aucune donnée sur Ja manière dont les mesures ci-dessus pourraient être conciliées avec celles de la campagne, il est à désirer que S. M. le roi de Naples ou S. A. S. le prince major général fassent connaître leurs intentions à cet égard, ahn de me mettre à même de régler en conséquence mes dispositions relativement au compléteme[it des troupes, ainsi que toutes celles que les circonstances pourront exiger. Je ne manquerai pas d'en presser l'exécution auprès du gouvernement. Le ministre de la guerre^
Joseph prince Pomatowski.
Maret à Berthier.
Varsovie, 17 décembre i8l2.
Monseigneur, V. A. S. m'aura sûrement fait l'honneur de m'écrire ainsi qu'elle avait bien voulu me le promettre. Ses lettres ne me sont point parvenues et je me trouve dans une ig-norance complète sur ce qui s'est passé à l'armée. Je ne puis m'en rapporter aux bruits vagues qui se répandent ici. Je ne pourrai partir de Varsovie qu'après-demain malin; j'irai à Berlin sans m'arrêter; j'espère y recevoir des lettres de Votre Altesse; elles me seront bien nécessaires.
Je me suis occupé ici, de concert avec M. le comte de Lauriston, de divers objets relatifs à l'armement du duché. La levée des 25.000 hommes pour l'armée régulière est en très bonne situation; les conscrits seront dirigés sur les dépôts dès le moment où on aura à leur donner des capotes et des pantalons. S. M. est venue au secours des finances du duché et l'a mis en état d'améliorer celte opération. La réorganisation du contingent marchera donc bien sous le rapport des levées. Sous celui de la formation et de l'instruction des soldats et de la réorganisation des corps, le gouvernement désire vivement que les cadres rentrent sans délai ainsi que les hommes encore disponibles qui fourniront les sous-officiers. M. le prince Poniatowski a compris cet objet dans la note ci-jointe sur laquelle je prie Votre Altesse d'appeler l'attention du Roi.
Sa Majesté est arrivée ici le 10. Elle y a passé quelques heures, j'ai reçu une lettre d'EUe, datée de Kulno le 11. Elle était arrivée à Posen le 13 à 6 heures du malin. Elle en est repartie à midi. Sa santé était toujours très bonne.