Le général Partouneaux
On sait comment Partouneaux, parti de Borissov, se vit soudain coupé de Stoudienka; il n'avait plus que 3.400 hommes, mais il attaqua résolument l'ennemi. Ses efforts, comme dit Cliamhray, se brisèrent contre une trop grande supériorité de forces et il dut capituler. Napoléon, dans son 29^^ Bulletin, rapporta que la division, ayant pris les feux de l'armée russe pour ceux de Farmée française, avait été, par suite de cette cruelle méprise, entourée et enlevée ; il ajouta même cette phrase : « Des bruits courent qu<) le général de division n'était pas avec sa colonne et avait marché isolément. »
Partounaux af protesté contre ce passage du 29" Bulletin à plusieurs reprises, surtout dans son Adresse à /'armée qu'il publia sous la première Restauration. Voici quatre autres lettres de Partouneaux sur le même sujet.
1° Une lettre à Berthier, du 24 avril 1813 : Partouneaux assure que le 29*" Bulletin lui a fait « la plus vive peine » et qu'il a résisté autant que possible.
2° Une lettre, du 24 août 1817, oij de nouveau Partouneaux proteste contre le 29'' Bulletin et contre les assertions de plusieurs historiens.
3** Une lettre, du 14 janvier 1819, oii il annonce au ministre de la guerre l'envoi de sa lettre aux auteurs de Victoires et Conquêtes.
4<* La lettre, du 11 janvier 1819, qu'il a écrite aux auteurs de Victoires et Conquêtes : il y déclare qu'on ne doit apprécier son rôle à la Bérésina que
LA GUIiURE DE RUSSIE 381
d'après son mémoire, et non d'après Je 29^ Bulletin.
Saint-Pétersbourg, 24 avril 1813.
A S. A. S. Monseigneur le prince de Wag-J^âm et de Neuchâtel.
Monseigneur,
Nous avons lu dans les journaux le ^29^^ Bulletin. L'article relatif à la 12^ division que j'avais l'Jionneur de commander/a fait à ceux qui restent la plus vive peine, et particulièrement à moi qui suis désigné nominativement.
Si je suis assez heureux pour que les rapports que j'ai pris la liberté d'adresser à V. A. S. soient parvenus, j'ose espérer que S. M. l'Empereur nous aura accordé la justice que nous méritons, car nous avons fait notre devoir. Réduits à 3.400 hommes dont 400 de cavalerie avant le combat, et cernés et attaqués de toutes parts parles armées des généraux Wittgenstein, Tchitchagov, Platov, nous n'avons déposé les armes qu'après avoir perdu plus de la moitié de notre monde, dont MM. les généraux de Blanmont et Delaitre blessés et mis hors de combat.
Je réclame les bontés de V. A, S. en faveur de ma famille qui n'est pas riche, surtout après le malheur que j'éprouve. Je désirerais que mes trois enfants, qui sont en ce moment au lycée de Turin, fussent élevés aux frais du gouvernement. J'ose com.ptersur rintérêt de V. A. 8. pour que ce bienfait leur soit accordé.
— J'ai eu l'honneur d'annoncer à V. A. S. la mort de MM. Dugommier, de Curnieu, Wagner, colonels. Le général Camus vient de payer ce tribut^