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Camus mourut le 6 avril 1813 à Vitebsk

Lettre du lieutenant général comte Partouncaux, sur le compte rendu par plusieurs historiens de la campagne de Russie et par le 29*^ Bulletin , de l'affaire du 27 au 28 novembre 1812, à la suite de laquelle la 12^ division du IX« corps de la Grande Armée se rendit prisonnière, au passage de la Beresina, près de Borissov.

Toulouse, 24 août 1817.

Un nouvel ouvrage intitulé Mémoire pour servira V histoire de la campagne de Russie vient, en 1817, d'être publié par un officier de l'état-major de l'armée française.

Je déclare que le passage de ce Mémoire qui est relatif à la 12® division d'infanterie de la Grande Armée, que j'avais Thonneur de commander, est de la plus grande inexactitude.

Si l'auteur eût lu le Mémoire que j'ai fait publié pendant Tinterrègne et que j^ai envoyé à Napoléon età ses ministres, il eût assurément payé à cette brave troupe et à son chef le tribut qui leur était dû.

Par conséquent, il n'eût pas laissé ignorer que la 12® division, complètement cernée par les trois armées russes des généraux Tchitchagov, Platov et Wittgenstein, avait été sommée de se rendre, et que, déjà réduite à 3.000 hommes mourant de faim et de froid, elle avait voulu combattre;

Que, dans un défilé, au milieu d^une grande partie des bagages de la Grande Armée, au milieu de 7 à 8.000 malheureux traîneurs, sans armes, de cette même armée^ elle avait été écrasée par Je feu de Tennemi, maître des hauteurs qui dominaient la route;

Qu'elle avait été laissée à Borissov, à trois lieues en arriére de l'armée, sans être échelonnée, sans avoir été secourue!

Ne pourrait-on pas dire encore : « Il est facile aujourd'hui, sous la température la plus douce, de se livrer à des réflexions, de faire des épisodes, d'embellir s"on roman et de distribuer le blâme ou les éloges! Mais alors, on était si malheureux, si accablé par tous les maux, que personne n'a songé à se retourner pour nous donner le moindre secours, et c'est ainsi que l'homme le meilleur abandonnait souvent son ami qui succombait auprès de lui! »

Je déclare, en outre, que tous ceux qui ont écrit jusqu'à ce jour sur cette malheureuse circonstance, ont été aussi inexacts que l'auteur de ce mémoire. J'engage donc les personnes qui s'occupent d'écrire cette partie de notre histoire, à consulter le mémoire intitulé Adresse à f armée que j'ai publié pendant l'interrègne et qui s'est vendu publiquement à Paris.

MM. les maréchaux ducs de Dalmatie, prince d'Eckmiihl, duc de Feltre, comte Gouvion-Saint- Cyr, qui ont été successivement ministres de la guerre, voudront assurément bien me rendre la justice de dire que j'ai vivement réclamé contre l'article du 29"^ Bulletin qui était relatif à la 12^ division .

Voici, au sujet de ce Bulletin, le passage d'une lettre que j'écrivis à Napoléon lors de son retour de l'île d^Elbe, pour qu'on puisse juger si j'avais le sentiment d'avoir rempli tous mes devoirs :

(( Vous avez été bien injuste envers moi dans votre 29^ Bulletin. Vous m'avez frappé d'un coup de massue. Ceux qui ignoraient les ordres que j'avais reçus, les obstacles que j'avais rencontrés, m'accusaient, me trouvaient des torts; les braves qui me connaissaient, ne pouvaient m'en supposer, mais ils craignaient pour moi. Je ne me plaignis alors que de votre extrême injustice. Chaque jour, je suis encore

dans la nocessilo (rex|)li(iuer celte cruelle cl malheureuse affaire. Humilié, accablé par ce coup, je recueillis des pièces officielles et je composai une Adresse à V armée. Ces pièces s'impriment en ce moment à Paris, a moins que mes amis n'en soient empêchés par suite de votre retour en Franco. Quant à moi, je suis sans inquiétude, car ce que j'ai de plus cher est l'honneur. A mon retour de Russie, me trouvant à Marseille, je communiquai ces pièces à Monsieur, frère du Roi. Ce prince me dit le lendemain : « J*ai lu avec intérêt le mémoire que vous m'avez remis; il convient à un brave homme comme vous de le faire imprimer ;j'aimele ton demodération avec lequel vous parlez de Napoléon. »

En Tan 1813, lorsque j'étais prisonnier et malheureux, si Napoléon avait eu à se plaindre de ma conduite en Russie, il n'eût certainement pas placé mes trois enfants dans un lycée à ses frais.

Pendant Tinterrè^ne, je n'ai pas reçu un mot d'improbation sur ma conduite en Russie, et je n'ai pas éprouvé une seule marque de manque d'estime, même lorsque j'ai demandé la permission de me retirer en Provence ^

Je ne publie ces détails que pour satisfaire à un sentiment d'honneur, et pour éviter à des écrivains de commettre de nouvelles erreurs, d'après celles qui ont déjà été commises envers moi, envers la 12*^ division.

Mon mémoire est au ministère de la guerre.

\. « Il n'y a pas d'inconvénient, écrivait Napoléon à Davout le 7 avril 1815, à renvoyer le général Partouneaux en Provence. Qu'il aille dans sa famille, puisque ses blessures l'exigent. Quant à son serment, vous lui paierez, s'il le prête, un traitement quel- •conque où il se trouvera. S'il ne le prête pas, vous le destituerez. «

Partouneaux au ministre de la guerre.

Toulouse, 14 janvier 1819.

Monseigneur, j'ai l'honneur de transmettre à V. E. mon mémoire sur mes services à la guerre, avec une lettre explicative que j'adresse aux personnes qui écrivent l'ouvrage de Victoires et conquêtes des armées françaises pour que V. E. veuille bien ordonner que ces pièces soient mises dans mon carton au ministère, alin que ceux qui écriront notre histoire ne puissent pas ignorer que j'ai aussi rendu des services à mon pays.

J'ai également envoyé dans le temps pour le même objet au ministère le mémoire que j'ai publié à la suite du 29^ Bulletin. J'ose espérer que cette pièce se trouve dans mon carton.

Partouneaux aux rédacteurs de Vouvrage « Victoires et conquêtes. »

Toulouse, 11 janvier 1819.

Messieurs, je me suis abonné à l'ouvrage de Victoires et conquêtes des armées françaises pendant le cours de la Révolution, Je le lis avec intérêt parce que j'aime la gloire de mon pays et que j'aime tout ce qui la retrace. Mais à mesure que les volumes arrivent, j'ai lieu d'observer qu'on n'est point aussi juste à mon égard qu'on pouriait l'être.

Cependant il y a quelques livres écrits sur cette guerre qui me rendent plus justice, et, pour preuve, je vous envoie le récit de quelques-unes de mes campagnes dans lesquelles vous pourrez reconnaître que j'ai bien servi. Ce récit est appuyé de pièces irré-

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c'usables. Depuis qu'il est fail, j'ai rté nomme lieutenant £(én(^ral. En cotte (jualité, j'ai commandé une <livision au camp de Montreuil.

A l'époque de la bataille d'Austerlitz je fus envoyé à l'armée d'Ilalie pour commander une niagnifujue division de grenadiers qui rendit de grands services dans plusieurs combats et, particulièrement, à la bataille de Caldiero.

Je fus ensuite envoyé à l'armée de Naples commandée par Josepli Napoléon. A ma division se rendirent Capoue et Naples. Dans ce royaume j'ai successivement commandé Naples, ses forts et son golfe, ensuite les provinces des Abruzzes, des Fouilles et des Calabres. Dans ces commandements difTiciles j'ai rendu des services importants et j'ai fait aimer et respecter le nom français en Calabre. J'ai forcé les Anglais, après des marcbes forcées, à lever le siège de Scilla qui était au moment de capituler, et je leur ai pris leur artillerie de siège et leurs munitions ; je les ai poursuivis et forcés de se rembarquer.

J'ai commandé la F*' division, en Calabre, de l'armée qui menaça la Sicile; nous eûmes fréquemment des combats honorables.

J'ai ensuite fait la campagne de Russie. Il y aurait plus que de l'injustice de décrire ce qui me concerne d'après le 29^ Bulletin, attendu que Napoléon luimôme a reconnu son inexactitude. Il est donc juste de récrire d'après le mémoire que j'ai publié pendant rinterrègne et d'après ce que j'ai publié encore depuis.

Depuis la Restauration, Sa Majesté m'a confié successi vementles commandements des 8^ et 10^ divisions militaires. Je crois avoir correspondu à sa confiance et avoir rendu des services importants à la France par la conservation des places de Toulon, d'Antibes, etc.

Je réclame donc, Messieurs, de votre justice et de

votre loyauté, des témoignages que je crois avoir mérités. Je prie M. le chef d'escadron Touquet, qui est un bon et brave officier que j'aime beaucoup, de vous communiquer les pièces que je viens de vous indiquer pour vous servir de règle à mon égard dans l'ouvrage classique que vous publiez.

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