‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documentsChapitre 113 sur 125 · Le général Rapp · texte numérisé non relu

Le général Rapp

Le général Rapp, aide de camp de l'Empereur^ gouverneur de Danzig, rejoignit l'armée française à Smolensk et, selon Ségur, il ne put se tenir, dan» sa brusque franchise, de dire à l'Empereur qu'il était effrayé, que l'armée n'avait fait que cent lieues depuis le Niémen et qu'elle laissait derrière elle, dans une marche victorieuse, sans batailler, plus de débris qu'après une défaite.

Ce fut lui que TEmpereur chargea de visiter les blessés qu'on oubliait presque, et il s'acquitta très bien de sa tâche ; il les fît panser; il leur fît donner du pain, du vin et un napoléon ; il les débarrassa des morts qui, depuis quatre jours, gisaient à côté d'eux.

Après Valoutina, Napoléon, irrité contre Junot, voulut donner à Rapp le commandement des Westphaliens : « Junot n'en veut plus; il faut le remplacer par Rapp qui parle allemand et qui les mènera bien. » Mais Rapp refusa de supplanter son camarade et il sut apaiser l'Empereur.

A la bataille de la Moskova, Rapp alla remplacer Compans blessé, entraîna les soldats, la baïonnette en avant et au pas de charge, contre la redoute russe et reçut une blessure. Mais il ne vint pas dire à l'Empereur, comme prétend Ségur, qu'il fallait faire donner la garde; on ne propose pas, remarque Gourgaud, au commencement d'une bataille d'engager la réserve.

Il se signala durant la retraite. Le 24 octobre^

dans la journée du hourrah de l'Empereur, où les €osaques de Platov faillirent enlever Napoléon, il était à quelques pas du souverain et il eut son cheval tué d'un coup de lance.

Le 8 novembre, pendant que la neige tombait épaisse et que soufflait un vent terrible, il passa la nuit avec plusieurs g-énéraux, avec Lejeune, avec Davout, dans le blockhaus de' Pnevo, un des rares abris qui n'eussent pas été brûlés sur la route de Dorogobouje à Smolensk.

Le 10 novembre, en accompagnant le corps du maréchal Ney, il eut son cheval blessé et reçut une balle dans son chapeau. i

A Smorgoni,le 5 décembre, Napoléon lui ordonna de se rendre à Vilna, d'y rester cinq jours, d^y rallier l'armée par tous les moyens et, de là, de gagner Danzig pour y remplir de nouveau les fonctions de gouverneur. Mais Rapp ne put aller plus vite que l'armée qu'il devait rallier, et nous le voyons, le 7 décembre, marcher à pied d'Ochmiana à Miedniki avec Galz et Castellane; il a même, ce jour-là, la figure gelée.

Le 22 décembre, de Danzig, il écrivait à Napoléon qui lui prescrivit, le 4 janvier 1813, d'armer et d'approvisionner sans relâche Danzig pour six mois, et qui, hardiment, avec la plus belle assurance, lui promettait de venir en personne le dégager, si la place était isolée et cernée.

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