Voir notre tome II, p. 93, lettre de Maret à Reynicf
prince de Schwarzenberg et le général Reynier sont sur la rive gauche vis-à-vis la position des ennemis qui s'étend depuis Drohitchyn jusqu'à Brzesc. Par ce seul aperçu vous voyez, Monseigneur, que Tennemi a déjà t'ait un mouvement rétrograde et qu'il a repassé le Bug, et on espère que bientôt le général Schwarzenberg reprendra l'offensive.
Voici nos positions :
Le général autrichien Mohr est à Grodno avec environ 2.000 hommes.
Le général Dombrowski est devant la forteresse de Bobrouisk : c'est cette forteresse dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre.
Le général polonais Kozinski est avec 4.000 hommesdu côté de Zamosc devant le débouché de Vladimir.
Si les Autrichiens voulaient, il j aurait un mouvement superbe à faire en faisant entrer le corps autrichien qui est dans les environs de Lemberg dan& la Volhynie par Vladimir. Mais ils ne veulent pas bouger. Ce corps est, je crois, d'une trentaine de mille hommes commandés par le général autrichien Reuss; il reste sur la défensive pour couvrir la Galicie.
Il y a quelque temps que le maréchal duc de Bellune était à Orcha. Il écrivit au général Schwarzenberg que s'il le jugeait nécessaire, il ferait marcher deux divisions sur Minsk. Le général Drombrovs^ski est sous ses ordres.
Nos communications avec Minsk et Vilna par Pultusk et Grodno ne sont point interceptées. Les Cosaques ne s'étendent pas sur leur droite aussi loin qu'on pourrait le craindre. On dit que la cavalerie autrichienne les redoute.
L'aide de camp du général Reynier prétend que le corps du prince de Schwarzenberg n'est que de 24.000 combattants; celui des Saxons, commandé par Reynier, de 10 à 11.000 hommes; ce qui ne por-
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terail ce corps qu'à 35 à 36.000 hommes el à 43.000 quand ma division y sera réunie. Les Russes ont, dit-il, 47.000 hommes d'infanterie et 17.000 de cavalerie. Je crois que cecaicul n'est pas des plus exacts. Du moins le général Dutaillis qui, cependant, ne donne aucun détail, suppose les Russes plus faihles et le général Schwarzenherg plus fort. Quoi qu'il en soit, je doute qu'on puisse prendre l'offensive avec la certitude d'un succès si la disproportion de nos forces est telle que l'assure le général Reynier.
Venons à ma division. Ce que je craignais, en partant de Berlin, est arrivé.
Le général Schwarzenherg et Reynier ont forcé le général Dutaillis à lui envoyer les troupes de ma division au fur et à mesure qu'elles arrivaient, en le menaçant, en cas de refus de se replier sur Varsovie. Une lettre du duc de Bassano a décidé le général Dutaillis à obtempérer à leur demande. Les régiments de l'île de Walcheren et de Tîle de Ré sont déjà en h'gne. Le général Devaux va partir pour les joindre, el le reste suivra. Ainsi, voilà donc ma division à l'armée sans caissons, sans munitions et sans artillerie.
On m'assure que le général Reynier me prêtera une batterie saxonne. Je m'occupe à en organiser une ici. Les pièces ont été prises à Modiin et elle sera servie par la 4" compagnie du 9*" régiment d'artillerie, r/est cette compagnie qui est partie dernièrement de Spandau et qui devait se rendre à Smolensk. Les autres pièces doivent venir de Danzig. Dieu sait quand je les aurai.
Vous sentez. Monseigneur, que je ne puis laisser aller mes troupes à l'armée sans les suivre. Aussi me suis-je décidé à aller les rejoindre et à laisser au général Dutaillis le soin de terminer l'organisation de ma division. Je compte sur son zèle et sa bonne volonté.
Je tâcherai, Monseigneur, de vous donner souvent de mes nouvelles.
Quand l'Empereur saura que ma division est en ligne, il vous prescrira peut-être d'envoyer une 2^ division à Varsovie.
Excusez, je vous prie, le désordre de cette lettre. Il faut que je fasse tant de choses à la fois que j'ai été interrompu sans cesse en l'écrivant.
Je suis avec respect et dévouement