‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documentsChapitre 22 sur 125 · Partouneaux à Berthier · texte numérisé non relu

Partouneaux à Berthier

Partouneaux — qui commande une division du corps de Victor, la 12*^ division, et qui, quelques jours après, le 28 novembre, est, près de Borissov, enveloppé et contraint de capituler entre les mains de Wittgenstein — Partouneaux, dans cette lettre du 17 novembre, demande à Berthier la permission de quitter le commandement : ses forces physiques, dit-il, l'ont abandonné. Il donne en même temps d'utiles renseignements sur ses lieutenants.

Au bivouac près Krasnogoura, 17 novembre 1812.

Monsieur, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour rendre les troupes qui composent la division qui m^a été confiée, dignes de mériter l'estime de TEmpereur, car elles étaient composées de jeunes soldats dont une grande partie conscrits réfractaires. Cette division a répondu à mes soins. Elle est excellente. Elle a beaucoup souffert parles fatigues, les privations et par le feu. Elle est digne que Sa Majesté la distingue. Mais elle a besoin de repos tant pour vivre, s'habiller que pour s'augmenter par les hommes qui pourront ia rejoindre : elle a besoin des grâces de l'Empereur. Une foule d'officiers, de sous-officiers méritent de l'avancement. Une très grande quantité d'emplois sont vacants; j'aurai Thonneur de transmettre à M. le maréchal duc de Bellune mon rapport à ce dernier sujet. Il m'a témoigné de l'estime et de la satisfaction.

Jusqu'à ce moment le courage et le zèle m'ont

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soutenu. Mais les forces pliysiques m'ont abandonné. Je ne puis plus résister aux douleurs que m'occasionnent la rigueur de la saison et mes blessures. Le service même de l'Empereur serait compromis, car je ne pourrais plus apporter la même activité.

Je prie. Monseigneur, V. A. S. de vouloir bien solliciter pour moi du repos et un commandement où je pourrais être encore utile à l'Empereur et me soigner. Pour commander ma division en mon absence, j'ai particulièrement distingué MM. les généraux barons de Blanmont et Billard qui servent avec moi et qui méritent de l'avancement.

Quant au général Camus, c'est un brave homme qui a bien fait la guerre, que l'âge accable, qui mérite les grâces de l'Empereur et qui a besoin de sa retraite. M. le colonel Saint-Susanne, qui est un officier de beaucoup de mérite, pourrait le remplacer, car il a toutes les qualités nécessaires pour être un bon général.

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