Propos des Français
On sait le mot que dit Cliambarlhiac, «général de brigade du génie, devant des Prussiens : « L'Empereur nous a fait croire que nous étions destinés à être les organisateurs du monde, et nous voilà des gens misérables. » Mais devant des Prussiens, il y eut des officiers qui se proclamèrent royalistes. « La foule des bourbo7inisteSy écrit un Prussien, est très grande et ils parlent assez liaul ; il y a parmi eux des nobles, d'anciens gentilshommes, et ce sont les premiers qui se hâtent d'aller en France et ils parlent raisonnablement; ils tiennent fort ensemble et ils se soutiennent mutuellement. Les nouveaux parvenus, au contraire, même ceux du plus haut rang, sont isolés et ne semblent pas unis entre eux. On parle aussi du rétablissement de l'ancien gouvernement, sans lequel la paix ne peut avoir lieu, et on laisse supposer que ce parti a dans b^ pays le plus de partisans. » Droysen ( Yorck^ I, p. 377) à qui nous empruntons ces détails, ajoute que les sous-officiers et simples soldats des contingents de la Confédération du Rhin exprimaient sans réticence leur horreur de la domination napoléonienne et leur ardent désir de la. délivrance de leur patrie. Ce qu'il y avait de remarquable, c'était là métamorphose des Polonais. Ils sont, lit-on dans un rapport de la frontière, ils sont très troublés; ils maudissent l'heure de leur existence politique; ils disent franchement : « Nous rougissons d'être Polonais, nous sommes une balle qu'on jelte de main en main, et très souvent nous ne savons môme pas dans la main de qui nous sommes. »
LA GUKRRE Dli RUSSIE 161