Ségur à Dur oc
Le comte Philippe de Ségur, g-ouverneur de la maison des pages, donne à Duroc, duc de Frioul, grand maréchal du palais, des nouvelles de la maison de l'Empereur.
Elbing, 9 janvier 1813.
Monsieur le duc, je reçois la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 31 décembre, à l'instant où je viens de faire partir M. Rouyère et MM. Mestivier et Ribes, tous deux malades, pour Bromberg. On m'assure que M. Mestivier est plutôt malade d'esprit que de corps. Il pourra donc rester à l'armée suivant l'intention de V. E., avec M. Jouan et M. Lecœur, aide-pharmacien. Je vais envoyer k MM. Ribes et Rouyère leurs passeports pour Paris. Quant à M. Lherminier, je serai obligé de le garder jusqu'à ce que S. A. le prince de Neuchâtel, qui l'a appelé hier, soit mieux et n'en ait plus besoin; j'espère que ce sera incessamment. Nous nous serons alors rapprochés de M. Mestivier ou il nous aura rejoints.
Quoique l'indisposition du prince soit trop légère pour exiger un bulletin^ j'ai pensé que vous seriez bien aise d'avoir avec détail l'avis de son médecin.
L'aide de camp du comte de Lobau, M. Rastaud, va mieux.
Le garçon de cave Gaucherot est dangereusement malade.
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Lefebvre, aide de cuisine, qui a un pied gelé, devient malade de la poitrine.
Je n'ai pas de nouvelles des trois malades qui sont à Danzig.
Voilà toute mon ambulance. Le reste va bien, à çà près de quelques doigts gelés qui se guérissent.
Je vais faire parvenir h MM. de Bryard et de Gramont les lettres que V. E. m'envoie. M. Peyrusse ne pourra guère leur être utile; il est h Bromberg avec le dépôt et l'argenterie. Le quartier général est trop mobile pour que sa caisse, sa cassette et ses papiers y soient en sûreté. J'attends vos ordres pour Targenterie.
Billard part aujourd'hui d'Elhing. J'ai écrit à M. Peyrusse de lui avancer 400 francs sur ses gages, afin qu'il puisse faire son voyage.
Vos chevaux, monsieur le duc^ sont partis de Marienbourg pour Bromberg avec le dépôt; ils sont en bon état; on leur avait refusé le fourrage; M. de Saluées* a donné un ordre qui lève toute difficulté à cet égard pour le présent et pour l'avenir.
Je prie V. E. d'agréer l'expression de mes sentiments les plus respectueux.
Le général comte de Ségur.
1. M. de Saluées, écuyer de l'Empereur, ancien chef d'escadron au service de Sardaigne, regardé comme un officier de distinction,, bientôt major d'un régiment de gardes d'honneur.