Emile de Hesse à Berthier
Le fils du <:^rand-duc de Hesse, le jeune Emile de Hesse qui commandait la bri^ii^ade hessoise, était un des généraux allemands les plus estimés des Français. Berthier parle de lui dans ses lettres à Napoléon (cf. lettre XI, 18 décembre) et assure qu'il a eu la meilleure contenance, qu'il est fait pour être distingué par l'Empereur. Bourgoing vante sa « valeur héroïque », le général Delaborde rendait hommage à la ferme contenance de ses troupes* et Vionnet admirait ce jeune prince « qui ne quittait jamais ses officiers, partageant leurs peines, leurs privations et leurs dangers comme le dernier d'entre eux. » Il demande à Berthier la permission de rentrer chez lui pour réorganiser le contingent du grand-duché.
Marienbourg, 11 janvier 1813.
Monseigneur, S. A. R. le grand-duc mon père vient de m'envoyer un de ses aides de camp pour me rappeler près de lui, afin de réorganiser les corps hessois destinés à faire partie de l'armée et S. M. le roi des Deux-Siciles m'a accordé son agrément pour mon départ. Cependant, je ne croirais avoir rempli qu'imparfaitement mes obligations, si je ne sollicitais le même agrément de V. A. S.
La réorganisation du contingent du grand-duclié nécessitant les soins d'officiers expérimentés, le grandduc demande aussi le départ, tant des officiers dont
1. Cf. un passage des Mém. du sergent Bourgogne, p. 82, sur le dévouement que les Hessois, durant la retraite, témoignent à leur jeune prince.
le nombre excède la proportion des hommes présents sous les armes que de la cavalerie et des officiers démontés. Je prie V. A. S. d'accéder à cette demande.
S. A. R. le grand-duc laisse à la disposition de V. A. S. les six pièces qui forment encore la division d'artillerie de Hesse; cinq de ces pièces se trouvent à Danzig-; la sixième suit le mouvement de l'armée.
Je m'étais présenté chez vous. Monseigneur, avec cet aide de camp pour vous exprimer la reconnaissance particulière du grand-duc pour les bontés que vous n'avez cessé de témoigner à la brigade hessoise pendant le cours de cette campagne.
Je vous prie d^accueillir, Monseigneur, l'expression de la gratitude que m'inspirent personnellement les témoignages de bienveillance dont V. A. S. m'a constamment comblé. J'en emporte un souvenir précieux et mon désir le plus vif est celui d'en mériter la continuation.