Aiigereau à Berthier
Augereau croit fermement que le roi de Prusse et Hardenberjj ne sont pour rien dans la capitulation d'Yorck. 11 affirme le dévouement de Frédéric-Guillaume pour l'Empereur, loue son calme, sa prudence, sa sagesse, et demande qu'on ait un peu plus de confiance dans ce monarque et dans son ministre qui maintiennent enPrussela tranquillité. Ne disait-il pas déjà, le 28 décembre (cf. Il, pièce 88) que la sagesse et la loyauté de Frédéric-Guillaume ont contenu les esprits et que lui, Augereau, chef des troupes, ainsi que le ministre plénipotentiaire M. de Saint-Marsan ont rendu tous les hommages aux nobles dispositions du monarque et à ses vertus ^ ?
Berlin, 12 janvier 1813.
Mon prince, je puis assurer V. A. que le roi et son premier ministre ne sont pour rien dans la capitulation du général d'Yorck. Elle en sera convaincue par les démarches que S. M. vient de faire auprès du roi de Naples. J'ai la plus grande confiance dans le dévouement que porte le roi de Prusse à S. M. l'Empereur. Mais il faudrait aussi que l'on eût un peu j)lus de confiance en lui. Car, si l'on écoute toutes les dénonciations, il est des hommes pour qui il est un besoin d'intriguer, de brouiller et de dénoncer tout
1. Davout, comme Augereau, croit à la loyauté du roi de Prusse; son caractère, dit-il, « ne permet pas de supposer qu'il soit pour quelque chose dans la trahison d'Yorck, ni de douter de la franchise de sa déclaration; » Frédéric-Guillaume, écrivait encore Davout, « est étranger à toutes les menées, mais n'a pas assez d'autorité pour les réprimer. »
ce qui existe entre ciel et terre, alors, si l'on y ajoute foi, je ne pourrai pas plus répondre de la tranquillité de la Prusse que du reste de l'Allemagne. Ce pays-ci n'est maintenu que par Je calme de son souverain qui est parfaitement secondé par son premier ministre : le reste ne voudrait voir que désordre; il faut Ja prudence et la sagesse d'un tel roi pour avoir maintenu l'ordre jusqu'à ce jour.