‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documentsChapitre 71 sur 125 · Jérôme au duc de Feltre · texte numérisé non relu

Jérôme au duc de Feltre

Celte lettre du roi Jérôme au ministre de la g'uerre rap»pelle que la Westphalie a perdu tout son contingent en Russie et qu'elle n'a vu rentrer de la campag^ne de 181 !2 ni homme, ni canon, min?>\\. T ai perdu toute mon armée, dit Jérôme', et c'est pourquoi il déclare qu'il ne peut compléter la garnison de Magdebourg-. La lettre précède et annonce celle du 16 janvier (Mém. et corr. du roi Jérôme, VI, p. 105), adressée directement à Napoléon et plus explicite. Jérôme écrit alors qu'il n'a plus, sur 30.000 hommes, que 280 officiers et 2.000 soldats; qu'il a perdu tout le matériel; qu'il n'a plus, comme il dit au duc de Feltre, ni un fusil ni un canon; mais qu'il va faire des efforts inouïs et présenter à l'Empereur une nouvelle armée de 18.000 hommes et de 2.000 chevaux, approvisionner Magdebourg- pour trois mois et pour une garnison de 15.000 hommes; qu'il ne peut davantage; qu'il lui est impossible d'approvisionner Magdebourg, comme on le demande, pour six mois et pour 20.000 hommes, à moins que Napoléon ne mette à sa disposition quatre millions de francs.

Casse», 13 janvier 1813.

Monsieur le duc de Feltre, je reçois votre lettre du 9 courant. S. M. I. et R. doit être persuadée que les plus extrêmes efforts et les sacrifices les plus pénibles ne me coûteront rien pour lui donner toutes les preuves qu'Elle peut attendre de mon dévouement. Ma conduite aura moins pour motif l'intérèt de ma propre existence que mon attachement

1. Mot qui rappelle celui que Napoléon lui adressait le 23 décembre 4812 : « Il n'existe plus rien de l'armée westphalienne à la Grande Armée. »

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inébranlable à la personne et à la cause de l'Empereur.

La place de Magdebourg sera approvisionnée à la fin du mois pour trois mois et pour 14.000 liommes indépendamment du service courant fait par les fournisseurs. Je ne puis seulement être chargé de l'entretien actuel des troupes françaises en Westphalie, car la voie des réquisitions seraif la seule à employer pour les fournir, et dès lors, les contributions cessant de rentrer, tous nos moyens seraient anéantis.

L'entretien des troupes françaises ne m'est imposé qu'autant qu'elles forment moitié de mon contingent. Or, comme je l'ai fourni plus qu'en entier en troupes westphaliennes et, qu'après l'avoir perdu aussi en entier^ je travaille à le former une seconde fois, vous sentirez qu'on ne peut exiger de la Westphalie de subvenir à une double charge hors de toute proportion avec ses moyens et qu'elle serait dans l'impossibilité de supporter.

La place de Magdebourg ayant été mise en état de siège, les autorités militaires françaises qui y commandent y exercent sans doute toute la vigilance exigée par les circonstances. Quant au soin d'en compléter la garnison, je vous observe que, venant de perdre toute mon armée en Russie, les nouvelleslevées que je fais ne sont ni assez instruites, ni assez sûres pour que je voulusse leur confier. le sort de la défense d'une place aussi importante. Aussitôt que j'aurai formé quelques régiments, je les mettrai à la disposition de S. M. l'Empereur qui en disposera ainsi qu'il le jugera convenable.

Je n'omettrai aucun moyen et ne négligerai aucune mesure pour la prompte formation de mon armée dont le matériel comme le personnel est entièrement à rétablir puisqu'il ne m'est rentré ni un canon ni un fusil.

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