Napoléon aux 6 et y septembre
Pasquior prt^lend (cf. noire tome 11, p. 53) que Napoléon n'aurait pas examiné le terrain sur lequel se livra la bataille de la Moskova. 11 a tort. Lejeune nous raconte que le 6 septembre, avec Berthier, Eugène et trois officiers — dont Lejeune — Napoléon a parcouru le front de l'armée russe et reconnu la position d'autant plus en détail et de plus près qu'une trêve semblait exister entre les deux partis. Les vedettes, quoique à portée de pistolet, ne tiraient pas. Lejeune craignit môme que l'Empereur ne fût brusquement enlevé par des Cosaques cacbés au détour d'un ravin et, un instant, Napoléon qui marcbait le premier se vit en face d'une patrouille de Cosaques qui le poursuivit; mais, g-ràce à la vitesse de leurs chevaux, Napoléon et ses compagnons échappèrent. Faut-il ajouter qu'après cette reconnaissance, Lejeune parcourut de nouveau la ligne et rapporta des croquis du terrain que l'Empereur accueillit avec satisfaction? Faut-il ajouter que Bâcler d'Albe, le chef des ingénieurs géographes, fît exécuter le même travail et faire avant le soir un levé à vue des positions russes?
Napoléon a donc rempli, à la veille de la bataille, ses devoirs de général d'armée. Mais Lejeune assure qu'il n'a pas, le 7 septembre, déployé la même activité qu'à Wagram, Eylau et Friedland, cette activité qui (( forçait le succès ». L'Empereur est resté sur son tertre, suivant les mouvements et donnant des ordres sans houger de place au lieu d'aller, comme
autrefois, éleclriser son monde par sa présence. A vrai (lire, il était souffrant et dans un « état de malaise ». Mais, conclut Lejeune, on n'était pas satisfait et on portait sur lui un jugement sévère.