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Le général Claparéde

Durant la guerre de Russie, le général Claparéde commande la division polonaise. Mais cette division n'appartenait pas au 5^ corps d^armée ou corps polonais; elle était portée à la suite de la garde impériale. Elle se composait des régiments de la Yistule. « Je donne, écrivait Napoléon le 8 mars 1812 au duc de Feltre, le commandement de la division polonaise composée des régiments de la Vistule au général Claparéde », et le même jour Berthier marquait au ministre que les quatre régiments de la Vistule formeraient une division à la suite de la garde impériale.

Brandt vit Claparéde au dépôt de Sedan pour la première fois, le 5 avril. « Il était, écrit-il, imposant; il avait tout à fait la marque d'un général français ; résolu, rude, brusque, et la campagne de 1809 lui valait bon renom. » Mais Tadjudant-major Rechowicz disait à Brandt : « Cet homme-là me paraît un mauvais camarade; nous le trouverons toujours en quête de sa proie; quaerens quem devoret » et quelques mois plus tard, au sortir de Vilna^ Brandt accuse Claparéde de brutalité : « Nous avions appris à Paris par des officiers qui avaient servi sous Claparéde en Allemagne et en Espagne que c'était un homme sans cœur, herzlos^ et nous avions sujet tous les jours de nous en convaincre. Dans nos conversations sa conduite était l'objet du blâme le plus amer. On lui reprochait d'être fier et hautain, de se tenir éloigné des officiers. Quelques-uns prétendaient même, et à tort, qu'il voulait ruiner les troupes polonaises pour en être débarrassé. On rap-

pelait toutes les rnarclies que nous avions faites <lepuis Vihia, ces nombreuses marches de nuit, ces bivouacs mal choisis. » Le payeur Duverger rend le même témoignage; il assure qui! Claparéde eul, pendant la retraites u toute rurbanité d'un Gosa(|ue » et qu'il fut au-dessous d(î lui-même, qu'il avait, comme tant d'autres, cédé à l'influence de la mauvaise fortune, qu'il n'était plus ce guerrier qui, dans la guerre d'Allemagne, avait mérité les éloges de Napoléon.

Quoi qu'il en soit, la division Claparéde se signala pendant la campagne, et durant la retraite, elle ne vit guère son général qui fut blessé, le 28 novendjre, à la bataille de la Bérésina^ Aussi, le 12 décembre, à Kovno, Claparéde se faisait-il donner par Berthier un congé de convalescence de trois mois « pour se rendre en France et s'y guérir de sa blessure. »

Près de trois mois après, il mande qu'il désire « entrer en campagne » et donner à TEmpereur des preuves nouvelles de son dévouement, mais qu'il est toujours souffrant et hors d'état de mettre ses bottes et de monter à cheval.

Le 10 juin 1814, Ney écrivit en sa faveur cette lettre élogieuse au ministre de la guerre Dupont :

« M. le lieutenant général Claparéde me demande une lettre de recommandation pour vous, et je la lui donne avec d'autant plus de plaisir que cet officier général qui a servi sous mes ordres avec une grande distinction pendant la campagne de 1812, et notamment à la bataille de la Bérésina, est tout à fait digne de votre bienveillance. Je prie Votre Excellence de vouloir bien l'accueillir favorablement. »

1. Cf. encore ce passage de Brandt rapportant que le colonel du 2" rôgiment de la Vistule, à la date du 24 novembre, garde avec lui les officiers blessés : « Le colonel fit tout cela sans se soucier du général Claparéde le moins du monde ; il avait perdu toute estime chez les officiers ; du reste, je ne le vis nullement ».

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