‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documentsChapitre 91 sur 125 · Le général Compans · texte numérisé non relu

Le général Compans

Conipans a été un des héros de la campagne.

A la fin d'août, par décision de rÉmpereur, il marche à l'avant-garde sous les ordres de Murât dont il soutient la cavalerie, et le 5 septembre, c'est lui qui s'empare de la redoute de Chevardino et qui la garde, malgré les efforts de Bagration. L'Empereur Tavait directement chargé d'attaquer et de prendre cette position qui couvrait la gauclie des Russes, et Compans montra autant d'habileté que de bravoure : il sut profiter des accidents du terrain et il fit avec un bataillon, du 57^ une charge décisive à la baïonnette.

Le lendemain, Napoléon appela celui que l'armée nommait déjà le preneur de redoutes et lui donna mission d'attaquer, dans la matinée du 7, la redoute à l'extrême gauche des Russes. Compans proposa, afin d'éviter la mitraille, de passer par le bois qu'il avait reconnu et qui lui semblait praticable; Napoléon l'approuva et Compans eut à sa disposition, outre sa propre division, la division Dessaix : il craignait, en effet, que les Russes, avançant sur sa droite dans le bois, ne se missent entre Poniatowski et lui.

Le 7, Compans, chargé comme porte V « Ordre pour la bataille, » de longer la forêt pour enlever la première redoute, Compans plaça la division Dessaix

Ien réserve et forma sa propre division en deux masses }»arallèles : celle de droite devait éloigner l'ennemi du bois et celle de gauche, ainsi couverte,

marcher tout droit sur la redoute. Mais à 7 lieures 1/2, à rinsiant où Teste, avec le 25" et le 57*^, ponélrait dans la redoule, Coinpans fut blessé d'un biscaïeii à l'épaule et forcé de (juitter le champ de bataille.

Le 3 novembre, il se signale à Viasma.

Durant la retraite, le 17 novembre, sur les hauteurs en avant deKrasnoï, il montra, comme toujours, courage et sang-froid. Bien que souffrant de sa blessure et réduit à aller à pied, il demeura riant et aussi trancjuille devant l'adversaire que s'il était dans son jardin oii il faisait volontiers de longues promenades; et un témoin, Lejeune, assure que sa ligure calme et comme heureuse otait à ses soldats l'idée du danger. Après le départ de la garde, lorsque le !"■ corps s'éloigna, Gompans le dernier redescendit vers la ville et, le dernier, à la tombée de la nuit, traversa le ravin.

Jusqu'au dernier jour de la retraite il fit preuve, comme dit Lejeune, de stoïcité et l'on n'a qu'à lire (voir notre tome I, p. 215-217) sa lettre du 7 décembre 011 il écrit à Davout qu'un grand nombre d'oliiciers meurent ou tombent malades journellement et que, le 6 et le 7, le froid a été si rigoureux qu'il est impossible de rien obtenir des hommes.

Le 21 mars 1813 Lejeune, qui ne l'avait pas vu depuis Krasnoï, le rencontrait à Mayence. Le costume de Gompans avait changé; il n^avait plus de fourrures, il n'avait plus le bras en écharpe ; mais il avait toujours le même calme, la même sérénité, le même sourire, comme au milieu de la bataille.

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