Le chef d'escadron Fabvier
Le capitaine Fahvier était aide Je camp Je Marinont qui le jugeait « extrêmement Jistingué, J'une gran Je bravoure, plein J'arJeur et remarquable par sa capacité. » Ge fut lui que le Juc Je Raguse envoya à l'Empereur après la journée Je Salamanque ou Jes Arapyles, et Fabvier avait pour instruction Je justifier la conJuitc Je son cbeF. 11 n'y réussit guère. On a Jit qu'il avait exposé les événements avec tant Je cbaleur, réponJu aux questions Je l'Empereur avec tant d'assurance et Je netteté, Jonné Jes explications si satisfaisantes que la cause Ju maréchal fut vite regagnée Jans l'esprit Ju maître. Non. Napoléon, se souvenant J'une strophe Je Jean-Baptiste Rousseau^ accusa justement Marmont J'avoir montré « l'impatience inJocile « Je Varron qui « fit tout le succès J'Annibal », et il reprochait avec raison au Juc Je Raguse J'avoir livré bataille sans attenJre et les orJres et les renforts Ju roi Joseph : Marmont, Jisait-il, « a craint que le roi ne participât au succès et il a sacrifié à la vanité la gloire Je la patrie et l'avantage Je mon service'. » Quoi qu'il en soit, Fabvier, qui avait rejoint l'Empereur le 6 septembre, montra, Jit GourgauJ, les sentiments les plus nobles ; il a crut son honneur intéressé Jans les reproches qui s'aJressaient à son général », et le lenJemain,
1. Telle semble être aussi l'opinion de Miot, Mèm. III, p. 266 : «... la crainte de perdre le commandement que la présence du roi lui eût enlevé, l'ambition de ne partager avec personne l'honneur de la victoire le porta à tout sacrifier à sa vanité personnelle. »
7 septembre, il combattit à pied, en volontaire, à l'endroit le plus périlleux, comme pour montrer que les soldats deTarmée d'Espagne ne le cédaient pas en bravoure à ceux de l'armée de Russie K Une balle lui fracassa le pied droit, et un chirurgien voulait lui couper la jambe. Fabvier déclara qu^il aimait mieux mourir. Il ne fut pas amputé, il guérit et il obtint le grade de chef d'escadron. Après avoir passé quelques semaines à Moscou, il fut envoyé à Smolensk, et de là, le 3 novembre, il écrivait à son père une lettre rassurante. Le 23, il était à Berlin. Il ignorait encore la catastrophe et il était heureux d'avoir vu Moscou. <( Attends-toi, marquait-il à son frère, à me voir revenir les mains pures du sac de Moscou. Ici, en arrivant, les commis de la douane m'ont demandé si j'avais à déclarer quelque chose. Je leur ai montré mon porte-manteau en leur disant : « Messieurs, il y a là dedans un pantalon, une chemise, un mouchoir, un bas et une botte que je vous laisserai si je dois payer des droits pour elle, parce que c'est celle de mon pied droit ^. ))