Bogdanowitsch, II
t. PanUevskjr, U, U6. Cf. Pradt, 6»,
LES DEDX COMBATS DE FËRE-CHAMPENOISE. 377
tenait à cheial près de la batterie. Un aide de camp d'Alexandre courut pour mettre fin à la confusion, et toute? les batteries, rectifiant leur tir, foudroyèrent de concert les deux petites divisions françaises ■.
La retraite sur Fère devenait impossible. Pacthod prit le parti de dégager sa droite par un effort vigoureux et de gagner les marais de Saint- Gond. S'il pouvait les atteindre, il défierait toutes les attaques de la cavalerie. Les Français ayant perdu plus d'un tiers de leur effectif et ne formant plus que quatre carrés — trois des six carrés réduits à un trop petit nombre de baïonnettes s'étaient fondus en un seul — se mirent stoïquement en marche dans la nouvelle direction. Encore une fois ils percèrent la masse des chevaux*. A chaque pas qu'ils faisaient, cette masse grossissait autour d'eux. Aux 4 000 cavaliers de KorfT et aux 4 500 Cosaques de Karpow s'étaient joints successivement les 2 500 hussards et dragons de Wassilitchikofî, et les 1 600 cuirassiers de Kretow. Arrivaient maintenant à la rescousse les trois régiments de cavalerie légère de la garde russe, la division de hussards de Pahlen, la division de cuirassiers de la garde russe de Depréradowitsch, la brigade de cavalerie de la garde prussienne, les huit régiments de cuirassiers autrichiens de Nostitz, enfin les chevaliers-gardes avec le grand-duc Constantin. Il y avait là vingt mille cavaliers '. Les Français n'étaient plus même trois mille. «Nos troupes, dit le général Delort,
1. Cf. Journal des opérations de Barclay de Tolly. Arch. top. de Saint Pétersbourg, n* 2918A. Lettre de Steewart, Kêre-Champenoise, ?6 mars {Cor respondanee tU lord CastUreagh, V, 397). Danilewsky, 11,116; Schels, II, 56; Bogdanowiisch. II, 125.
2. Relation du (général Delort. Arch. de la guerre. Cf. B^'^daaowitscli, 11,125; Koch, II, 391.392.
3. A leur entrée en France, ces différents corps de caTalerie présentaient na effectif toUl de 21597 hommes, tableaux de la composition de la grande armée et de Tannée 49 SUéai». Arch. top. de Saint-Péwrsboorg, s.- SjTiH «t
n'en marchaient que plus serrées et plus fièrement, comme si leur énergie s'accrût à proportion des périls*. »
On fit encore six kilomètres dans cette tempête de chevaux. L'ennemi n'arrêtait ses charges que pour permettre aux batteries de mitrailler ces intrépides bataillons. Après chaque bordée, les fantassins serraient les rangs et recevaient les cavaliers russes sur leurs baïonnettes tordues par tant de coups. La charge repoussée, ils reprenaient leur marche. Un seul carré, démoli par les boulets, fut enfoncé. Les hommes continuèrent à se défendre ; ils furent presque tous sabrés. Les trois autres carrés allaient atteindre les marais, lorsque le général Dépréradovitsch, qui les avait facilement devancés vers Bannes, avec un régiment de cuirassiers et une partie des batteries de réserve, les arrêta net par le feu de quarante-huit pièces de canon*. Le czar et le roi de Prusse se hâtèrent d'envoyer des officiers de leur état-major pour sommer les Français de se rendre, pour les en conjurer serait-il plus juste de dire, car cette héroïque défense avait ému les souverains. Mais les soldats étaient exaspérés par cette retraite de dix heures sous la mitraille et sous les charges où, à chaque minute, ils avaient vu s'éclaircir leurs rangs et s'accroître les masses ennemies. Ivres de poudfe, de bruit et de sang, acceptant magnanimement leur destinée tout en ayant la rage au cœur, ils ne pensaient plus qu'à tuer et à mourir. Ils ne voulaient ni recevoir ni donner quartier. Le colonel Rapatel, of-