‹ 1814Chapitre 104 sur 178 · Relation du général Delort. Rapport de Korff · texte numérisé non relu

Relation du général Delort. Rapport de Korff

2. Schel8(II, 60, porte à 3903 sabres les deux divisions de Wassilitchikoff. Mais, d'après le tableau de la composition de l'armée de Silésie (Arch. top. de Saint- Pétersboarg, n* 22860), elles ne montaient à leur entrée en France qu'à 3200 hommes, et le 25 mars, ayant alors éprouvé de grandes pertes, leur «ffectif s'était réduit d'un quart.

ont repris position et dont rartillerie multiplie ses coups. Des renforts arrivent encore à Tennemi : les 1 600 cuirassiers de Kretow qui, inquiets d'entendre le canon sur leur droite, ont abandonné la poursuite de Marmont Cependant les six carrés, disposés en ordre oblique, de façon à croiser leurs feux par les quatre faces, résistent à tous les assauts et continuent leur retraite au milieu des tourbillons de cavalerie qui remplissent les vides de l'échiquier*.

Depuis plus de quatre heures, on marchait ainsi sous la mitraille et chargé tous les quarts d'heure par les escadrons ennemis. Pas un carré n'avait été entamé, pas un homme n'avait faibli. Les généraux fra-nçais, plus surpris que les Russes eux-mêmes, de l'intrépidité de ces soldats en sabots et en chapeaux ronds, espéraient encore atteindre Fère-Champenoise. Arrivés en vue des hauteurs qui dominent cette ville, ils reconnurent que de nombreuses troupes les occupaient. «Nous crûmes d'abord, dit le général Delort, que c'étaient les corps des maréchaux Mortier et Marmont, et nous nous réjouissions d'avoir opéré une jonction qui n'était pas sans gloire. Mais l'illusion fut de courte durée ; la décharge d'une artillerie formidable nous annonça en éclaircissant nos rangs quo nous étions en présence d'un nouvel ennemi '. »

C'étaient les gardes russes et prussiennes, commandées par les souverains en personne. Partis de Vitry à dix heures du matin, Alexandre et Frédéric- Guillaume avaient fait la route continuellemeni salués par le bruit du canon qui allant sans cesse s'éloignant leur annonçait ie succès de leur armée. Ils avaient dépassé Fère-Cbampenoise pour se porter

1. Relation du général Delort. Arch. da Ia guerre. Bogâanovitsch, II, 123-124; Koch. 11,391; Schels, U, 57.

%. Relation du général Delort. Cf. Dazùleirskj, U, US.

à la suite de la cavalerie dans la direction de Perthes, lorsqu'ils se croisèrent avec un officier du général Kretow porteur d'une dépêche pour Je comte Pahlen. Le prince Wolkonsky ayant ouvert la lettre dit au czar et à Schwarzenberg que Kretow signalait la marche d'une colonne française sur le flanc droit de l'armée. Schwarzenberg traita cette nouvelle de chimère, et Alexandre dit en riant à Wolkonsky : « — Tu vois toujours double quand il s'agit de l'ennemi *. » Mais la canonnade se faisant entendre dans l'instant même au nord de Fère-Champenoise, les souverains revinrent sur leurs pas et ne tardèrent pas à apercevoir les troupes de Pacthod, chargées en queue et sur les flancs par les escadrons russes. Les gardes nationales, prenant de loin l'état-major des Alliés pour celui du maréchal Marmont, poussèrent d'une seule voix le cri de guerre des armées françaises : « Vive l'empereur! » Cette grande acclamation dominant le grondement du canon arriva jusqu'au czar comme un sublime défi^

Des officiers furent envoyés dans les différentes directions afin de rallier toute la cavalerie et toute l'artillerie qui se trouvaient aux environs. La 23" batterie à cheval, arrivée la première sur le terrain, ouvrit le feu contre les Français qui, pleins de confiance, marchaient droit devant eux. Les cavaliers serraient de si près les carrés que plusieurs décharges, passant par-dessus la tête des fantassins, vinrent frapper les rangs des hussards de Wassilitchikofî. Ce général croyant être en présence d'un nouveau corps français, comme les gardes nationales l'avaient elles-mêmes cru d'abord, fit braquer ses pièces sut les canons russes; quelques biscaïens tombèrent devant le caur qui &o

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