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\. Ibid.. 347. Prait' 3».

cette fois, s'écria Rovij^o, je vous prends à conspirer! » Talleyrand et Pradt se mirent à rire, et Rovigo, en bon compère, finit par rire avec eux *.

Rovigo convient qu'en mainte circonstance il aurait pu faire arrêter le prince de Bénévent. Mais, dit-il, il n'y avait après tout contre lui que des préventions. L'empereur, si plein d'irritation et de défiance qu'il fût à son égard et bien que sollicité par un grand personnage, avait refusé de le faire emprisonner avant de quitter Paris. Talleyrand était vice-grand électeur, il fallait pour l'arrêter l'autorisation du roi Joseph. Et quel effet sur l'opinion! Prendre une pareille mesure, c'était risquer une révolution. Talleyrand d'ailleurs ne conspirait que contre l'empereur et non contre la dynastie. Il rendait service au chef de Ici police en l'informant de ce que faisait le comte d'Artois. Il contenait le faubourg Saint-Germain. Au reste, s'il avait fallu arrêter tous les conspirateurs, les prisons n'y eussent pas suffi*. Pauvres raisons, vaines excuses ! La vérité, c'est que bien loin d'avoir jamais pensé à provoquer quelque mesure contre Talleyrand, Rovigo, dupe du maître diplomate, éluda l'ordre de l'arrêter qui lui fut envoyé par l'empereur'. Certes le dévouement de Savary pour Napoléon est hors de doute, mais il n'en est pas de même des capacités du

1. Sfémoire* de Rovigo, VI, 34. Pradt, 47. La Valette, II, 83. — Selon Pradt (48),Eorigo lai aiurait dit le 27 mars : t II est impossible que Napoléon coatinue à régner : il fant qu'il abdique en faveur de son fils. ■ Gain de Montagnac (116) dit aussi que Rovigo voulait la régence.

2. Mémoire* de Rovigo, VI, 297, 304, 321 et pasiim; VII, 51, 52, 63. Cf. Pradt, 37.

3. Mémoires de La Valette, II, 84-85 : • Xétais dans le cabinet Oe Rovigo qtîand ù reçut l'ordre d'arrêter Talieyrard... ■ Cf. Pradt, 37-38. i Je ne puis

•r qu'il n'ait plusieurs fois retenu le bras de Napoléon levé sur Talley-

II fut vivement gourmande à Blcis, m'a-t-il dit, pour ne nous avoir

^it arrêter. » Viel-Castel {ffistoire de la Restauration, I, 161) dit aussi :

• après la bataille de Moatereau, Napoléoa avait ordonné formelle-

r s e Rovigo d éloigner Tallejrand de la capitale, mai* Rovigo ne cru»

meai t^^j, exécut» ce( ordr^. •

ministre de la police, qui se rendit haïssable aux jours de calme sans savoir se rendre utile à la veille d'une révolution.

Le duc de Bassano a marqué Savary d'un mot indélébile : « Ce fut une grande dupe. Il a toujours cru aux mystifications qu'on lui faisait. On l'a joué toujours'. » Il y avait du Jocrisse dans cet homme d'esprit. Rovigo ne sut rien prévoir ni rien voir, rien prévenir ni rien arrêter. C'est à son insu qu'en novembre 1843 le secrétaire du duc de Dalberg était parti pour Francfort portant ces mots aux souverains alliés : « On vous attend à Paris à bras ouverts^. » C'est à son insu qu'en février et en mars Vilrolles et dix autres émissaires du parti royaliste se rendirent près des princes et aux états-majors des Coalisés. C'est à son insu que les 9 et 17 mars Eugène de Chabannes et le comte de Sémallé arrivèrent de Vesoul à Paris, le premier comme envoyé de Monsieur, le second comme « commissaire du roi » ^. C'est à son insu que les royalistes recevaient des journaux étrangers, par l'entremise même d'un agent du ministère de la police*. Rovigo ferma les yeux sur les intrigues du Luxembourg comme sur celles de l'hôtel Saint- Florentin. Il ignora que Guillaume et Charles de Nieuwerkerke composaient et tiraient eux-mêmes, sur une presse à bras, les proclamations des Bourbons, que Morin s'occupait de propagande royaliste dans la classe bourgeoise, que Chateaubriand faisait imprimer en plein Paris le plus violent réquisitoire

1. Papiers da général Pelet. Arch. de la guerre (carton du colonel Brahaut).

2. Souvenirs inédits de Jomini, II, 332, 333. — On a dit que ce message avait déterminé les souverains à brusquer les choses et à entrer immédiatement en France. II est permis de croire, en tout cas, que ces paroles n'étaient pas de nature à arrêter leurs projets d'invasion.

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