Révélations de Morin, 21-23 ; Gain de Montagnac
4. Rovigo, VI, 351. — Savary apprit ce fait après la chute de l'empir*.
qu'on pût écrire contre Napoléon*. Il ne sut pas expulser les sujets allemands qui semaient l'alarme dans les lieux publics*. Il ne sut pas arrêter l'affichage et la distribution de? placards royalistes. Il ne sut pas empêcher l'évasion des deux Polignac, qu'il laissait quasi prisonniers sur parole dans une maison de santé de Vincennes et qu'il recevait souvent chez lui, comme parents de sa femme, à leurs jours de sortie dans Paris'. Il ne fit pas même refi"ort de destituer Angles. Enfin, malgré des ordres formels, il éluda l'arrestation de Talleyrand et celle du marquis de Rivière, qui se livrait dans le Berry à la plus ardente propagande royaliste. Il est vrai que M. de Rivière avait dit jadis à Rovigo : « Je me regarde comme tellement obligé avec l'empereur que si M- le comte d'Artois lui-même arrivait dans la pbine ae Grenelle avec cent mille hommes, je n'irais pas le rejoindre*. » Il n'en fallut pas davantage pour rassurer ce ministre de la police! — ?Tapoléon était bien fondC à écrire, le 14 mars, au duc de Rovigo : « Ou vous êtes bien maladroit, ou vous ne me servez plus*. »
Pendant que dans le monde politique les intriues se multipliaient, dans la population les inquiéudes allaient croissant. Jusqu'aiLX premiers jours de mars, la confiance que les batailles de Champaubert et de Montmirail avaient rendue à Paris et à la France avait à peine décliné. Ceux qui ne croyaient plus à ia victoire croyaient encore à la paix. Mais le manque de nouvelles certaines, puis bientôt après les mau-
1. Révélations de Morin, 23. Chateaubriand, Mémoires cToutre-tnmbe, VI, Î07-M8.
■-'. Notes de police, 30 janvier, 6 février et passim. Arch. Dat.,F. 7, 6603.