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Agenda oa général Pelet, Arch. de la guerre

S. Agenda du général Pelet. Arch. de la guerre. Cf. Lettre de Drouot à I^apoléon, 3 avril Arch. nat., AF. ir, 1670.

de la cour et fit appeler les officiers et les sous-officiers de la division. Lorsqu'ils eurent formé le cercle, il dit d'une voix haute et vibrante: « — Officiers, sousofficiers et soldats de ma vieille garde, l'ennemi nous a dérobé trois marches. Il est entré dans Paris. J'ai fait offrir à l'empereur Alexandre une paix achetée par de grands sacrifices : la France avec ses anciennes limites, en renonçant à nos conquêtes, en perdant tout ce que nous avons gagné depuis la Révolution. Non seulement il a refusé; il a fait plus encore : par les suggestions perfides de ces émigrés auxquels j'ai accordé la vie, et que j'ai comblés de bienfaits, il les autorise à porter la cocarde blanche, et bientôt il voudra la substituer à notre cocarde nationale. Dans peu de jours, j'irai l'attaquer à Paris. Je compte sur vous... »

L'empereur, s'attendant à un cri de ses grognards, s'arrêta un instant. Il se fit dans la vaste cour un grand et terrible silence. Étonné, ému, interdit, Napoléon trouva cependant la force de reprendre : « — Ai-je raison? » A ce mot s'éleva une immense acclamation, pleine d'enthousiasme et grosse de menaces : Vive l'empereur! A Paris! A Paris! — « On s'était tu, dit avec une sublime simplicité le général Pelet, parce que l'on croyait inutile de répondre. » — L'empereur ranimé poursuivit : « Nous irons leur prouver que la nation française sait être maîtresse chez elle, que si nous l'avons été longtemps chez les autres, nous le serons toujours chez nous, et qu'enfin nous sommes capables de défendre notre cocarde, notre indépendance et l'intégrité de notre territoire ! Commf^.niquez ces sentiments à vos soldats *. »

Une nouvelle acclamation, plus forte encore que la

1. Agenda du général Pelst. — Cette allocution est reproduite d' après l'af euda d« Pelet, daus la Correspondance de Napoléon, 21 550.

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