Napoléon à Clarke. Fismes, 5 mars. Arch. de la guerre
En exécution des ordres de l'empereur, le général Moreau et les membres du conseil de défense furent écroués à l'Abbaje dès leur retour à Paris. Bouchard, Kozjnski et les autres ofâciers furent bientôt relaxés. Seul Moreau comparut devant an conseil d'enquête où siégeaient les généraux de division Gassendi, Compans et Chastel. Après avoir pris connaissance des faits, entendu les témoins et interrogé Moreau, le conseil décida que l'ancien commandant de Soissons devait être traduit en conseil, de guerre pour n'avoir pas défendu la place • autant qu'il le pouvait et le devait ». Heureusement pour Moreau, qui encourait la peine capitale, le conseil d'enquête ne rendit son avis que le 24 mars, cinq jours avant l'arrivée des Coalisés sous Paris. Au milieu des inquiétudes, du trouble, de la démoralisation qui régnaient, personne ne pensait à faire du zèle. Ou les procédures ne furent pas commencées, ou elles furent menées sans vigueur et bientôt abandonnées. Moreau, mis en liberté par le gouvernement provisoire, au commencement d'avril, fut un des premiers à se rallier aux Bourbons. II fut fait chevalier de Saint-Louis et reçut comme maréchal de camp le commandement du département de l'Indre. 11 monrut en retraite, à U Tronche (près Grenoble), le 9 décembre 1828.
Le 28 avril 1811, le ministre de la guerre Ini avait écrit à propos de la capitulation de Soissons : «... Le gouvernement provisoire en ordonnant votre mise en liberté a fait asses connaître qu'il appr mvait votre conduite (ne) pour que vous n'ayez pas besoin de la justifier a'une autre manière. » — Moreau était absous par Dupont, le signataire de la capitulation de Soissons par celai de la capitulation de Baylen !
Arch. de la guerre : rapport du consei'. d'enquâts, 3) mars, carton des capitulations ; et dossier de Moreau.