‹ 1814Chapitre 86 sur 178 · Correspondance de Napoléon · texte numérisé non relu

Correspondance de Napoléon

2. CorrM/)., 21 512, 21513. Registre de Berthier (à Trévise, 17 mars). Cf. Macdonald à Berihier, Provius, 16 raars, 7 heures du soir. Arch. de la guerre.

3. Correspondance, 21512, 21513. Registre de Berihier (à Ney, à Marinont, à Mortier, 17 mars ; à Macdonald, 19 mars). Cf. Clarke k Macdonald, 19 mars , îl heures du matin. Arch. de la guerre.

4. Ney à Berthier, 18 mars, note non signée (18 mars). Registre de Berthier (à Macdonald, à Mortier, 15 mars). Arch. de la guerre.

5. Cf. Correspondance de Napoléon,2l 518, 21 519, 21 520. Registre de Berthier (ordres du 18 au soir et du 19 au matin, et lettres à Mortier et à Macdonald). Arch. de la guerre.

Nous nous excusons de donner tant de détails, mais les mouvements préparatoires de la bataille d'Arcis-sur-Aube — bataille capitale s'il eu tut — et. la bataille elle-même ont été rapportés jusqu'ici d'une façon si étrange par les historiens allemands, qui ignoraient les documeuts français, et parles historiens trançais, qui ignoraient les documents allemands... et les documeat»

Dans la matinée du 19 mars, l'empereur se mit en marche sur Boulages, précédé par la cavalerie de la garde et les escadrons réunis et suivi par la vieille garde et Tartillerie. D'après les ordres de lanuit, Ney, faisant tète de colonne à droite, se porta de Maiily sur Plancy par Villers et Champfleury. Macdonald leva ses bivouacs de VuUaines — un peu tardivement car il aurait dû. prendre l'offensive dès la veille — et il dirigea ses troupes sur Léchelle, Sordun et Bray'.

La cavalerie de Sébastiani ne tarda point à rencontrer les Cosaques de Kaizarow et les chassa devant elle jusqu'à l'Aube, Les Cosaques avaient établi leur artillerie légère sur la rive gauche; ils tentèrent de disputer le passage en canonnant. Pendant que les sapeurs du génie, protégés par le feu d'un bataillon de la vieille garde et aidés par les habitants, rétablissaient le pont de Plancy, lanciers et dragons passèrent à gué sous la mitraille, abordèrent les Costiques qui tournèrent bride, et les menèrent battant jusqu'au village de Pouan. De son côté l'empereur, arrivé à Plancy vers trois heures, se porta au grand trot sur Méry avec la troisième division de cavalerie de la garde et les escadrons réunis. L'arrière-garde de Wurtemberg, qui marchait de Nogent sur Troyes, prit ses dispositions pour défendre le passage de Méry, mais

français, que l'on croirait Napoléon devenu alors aveugle. Or jamais son coup d'oeil n'avait été plus puissant, sa lucidité plus inerve lieuse. Il lisait comme à livre ouvert dans le registre d'ordres du général ennemi. Le malheur, c'est qu'au dernier moment Schwarzenberg changea complètement ses dispositions, à la grande surprise de toute son armée.

Le véridique Fain lui-même commet une grave erreur en disant (p. ISB) : « Les renseigneraeuts que Napoléon reçoit (le 18 au soir) sur rennemi sont de nature à le faire persister dans sa marche sur Mi^ry. » C'est « à lui faire adopter une marche sur Méry » que Kain aurait dû dire. La Correspondance et le Registre de Berthier témoigiient que le 18 au matin Tempereur voulait marcher sur Arcis, et que c'est le 18 au soir qu'il se décida à marcher sur Méry.

1 Registre de Berthier (ordres du 18 et 19 mars au matin). Ordres d.; Xey, Maiily, 19 mars. Ordres de Macdonald, VuUaines, 18 mars, il heures ei démis du soir. Arcb. de 1& guerre.

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il en fut là comme à Plancy ; les cavaliers de Lotort et de Curély passèrent la Seine à gué et vinrent sabrer les Wurlembergeois. Poursuivis à outrance sur la . route de Troyes, ceux-ci abandonnèrent nombre de i prisonniers et un équipage de ponts^ A sept heures I du soir, les différents corps de la grande armée I battaient en retraite sur tous les pomts. A la reserxe 1 des Cosaques de Kaizarow et de l'arnère-garde bava- I roise du comte de Wrède, qui occupaient encore la I rive droite de la Barbuisse et Arcis-sur-Aube, le pays " était nettoyé. L'empereur revint coucher au village de Plancy autour duquel s'étabhrent toutes ses troupes, sauf les divisions Berckheim et Lelort, qui restèrentàMéry'.Macdonald poussajusqu a \illenoxe d'où il écrivit an major général : « La retraite de rennemi a été si précipitée que nous n avons pu atteindre son arrière-garde'.» La retraite des AuUicbiens avait été en effet bien précipitée, mais la marche de Macdonald avait été bien tardive!

La faible défense de l'ennemi à Plancy et a Mery, la direction qu'il avait prise en se retirant les rapports des commandants de corps et des chefs de reconnaissance, les renseignements des paysans, tout indique, tout confirme à l'empereur que la grande armée rétrograde à marches forcées par Troyes sur Brienne ou sur Bar-sur-Aube*.La retraite des Austro-Russes

1. Sébastianià Berthier.Bessy. 9 heures da«.ir^l9 -^.f J-^STnTÏc"' «518 et 21519, 21521. Registre de Berthier (ordres da 18 PO-^^^^)"^^,, de la guerre. Colonel des chasseurs à Berthier^hâtres, 19 mars laa wirée) Cf. Bogdanowitsch. U, 30. 3l. ScheU. I. 3^; 19 ^^^^

2. Letort à Berthier. Méry. 19 ««*« ^.««y à Berth.er. Pj^c.v^ « Sébastiarù à Berthier. Bessy. 19 mars, Arch. de >%?«.« "^^'"f^'^i^'l^ de la

3. Macdonald à Berthier, Vilienoie. 19 mars, 5 heures du soir. Arcn.

TSb.,tiani à Berthier. Bessy.7 heur« du ^oir.^XLtleTZZ au même. Châtres. 7 heures du soir. Macdonal. au ---'^j'^^^.^";;,;*!,^ du s.nr. Utort au même. Mery (au so.r). L«"'fr;^j!^ ^ IfapoUim, (au matin), etc.. etc. Arck. de U guerre. Cf. C«rr«*poarf««« Oe X^^ouim,

ilïai, 21922, 21524.

a été plus prompte que son attaque. Leur abandon subit de la ligne de la Seine a fait échouer en partie le premier mouvement de sa grande opération. Alais l'opération même, en ce qu'elle a de capital, est loin d'être compromise. Si la marche vers l'Aube, qui n'était qu'une manœuvre préparatoire, n'a pas été assez secrète ou assez rapide pour aboutir à une attaque à revers ou de flanc, par cette marche du moins, Napoléjn a dégagé Paris, rejoint Macdonald, éloigné Schwarzenberg, imposé à Bliicher. Le temps qui lui manquait, huit jours auparavant, pour se porter vers ses places et se rabattre sur les derrières de la grande armée, tout semble indiquer qu'il l'a désormais. Les alarmes de Schwarzenberg mêmes, encore qu'elles aient sauvé son armée d'une défaite partielle, sont de bon augure Si le généralissime s'émeut de telle façon à l'approche d'une poignée d'hommes manœuvrant sur son flanc, quelle sera son épouvante quand Napoléon, renforcé par les garnisons des places fortes, rallié par Macdonald et par Oudinot, par Marmont et par Mortier, se jettera sur ses derrières avec quatrevingt-dix mille soldats* et la Lorraine, l'Argonne, la Bourgogne insurgées?

La pensée de poursuivre l'ennemi sur Troyes vint sans doute à Napoléon, car aucune combinaison n'échappait à son puissant génie; mais il ne s'y arrêta pointa Les Austro-Russes avaient achevé leur con-

1. Le 20 mars dans la matinée ordre fut envoyé k Marmont et à Mortier, ainsi qu'à Macdonald et k Oudinot de rejoindre l'empereur {Correspondance, 21522, 21524, 21525, 21528; Reg. de Berthier (ordres du 20 mars. Arch. de la guerre). Si l'on additionne les effectifs de ces divers corps d'armée et ceux de la garde, de Ney, de Lefebvre-Desnoettes. et qu'on y ajoute seulement ÎOOOO hommes des garnisons des places, on arrive au total de 90 000 hommes.

2. Dans les lettres de Napoléon du 19 et du 20 mars, il n'est point question une seule fois d'un mouvement sur Troyes; Tempereur dit au contraire : « Je négligerai Troyes. » {Correspondance, 21526.) Mais l'empereur paraît avoir pensé à une marche sur Brienne (Correspondance, 21523, 2; 5->6), sans dôme afin de frapper, avant de gagner les places, un dernier coup sur la droit^ de

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eentration. ils avaient en ligne des forces doubles des siennes. L'heure de les attaquer était passée et n'était pas encore revenue. L'empereur résolut de se porter sur ces places par Vitry. De Plancy, on pouvait aller à Vitry soit par Salon, Fère-Champenoise et Sommesous, soitpar les deux rives de l'Aube, Arcis-sur-Aube, Mailly et Sommepuis. Dans la circonstance, chacun de ces itinéraires, qui étaient tous deux de même longueur, présentait son avantage et son inconvénient. Le premier était le plus sûr, puisqu'on prenant par Salon, on s'éloignerait do l'ennemi dès le début de la marche ; mais la manœuvre, qui aurait l'apparence d'une retraite, pourrait rendre confiance à Schwarzenberg et l'amener de nouveau sur la route de Paris. Au contraire, en srjvant jusqu'à Arcis les deux rives de l'Aube, on risquerait peut-être un combat avec l'arrière-garde ennemie, mais bien plus vraisemblablement on imposerait à Schwarzenborg qui, se croyant menacé à Troyes, s'y concentrerait et y resterait plusieurs jours immobile. Il est presque inutile de dire, puisqu'il s'agit de Napoléon, que ce stratégiste peu timide adopta le second itinéraire. Dailleurs la cavalerie de Sébastiani était déjà devant Pouan, à mi-route d'Arcis par la rive gauche de l'Aube, en présence des Cosaques'; si la garde à cheval rétrogradait sur Plancy, pour y passer la rivière, l'état-major autrichien en serait bientôt instruit, car avec ces « canailles de Cosaques », selon l'expression du prince de Wagram et de Neuchâtel, on ne pouvait tenir secret aucun mouvement. Les ordres de marche furent donnés dans la matinée du 20 mars : ordres à Ney, à Sébastiani et à Letort de se rendre à Arcis par

.'ennemi. Vraisemblablement les immenses dangers de cette marche de flanc, le long d'une rivièr?. j tireat renoncer Napoléon, qui se décida à gaguw directement V.try.

l. CoJ>ert à Napoléon, Besaj. 20 mars. Arch. nat., AF. vr, 1670.

la rive gauche de l'Aube et de prendre position devant cette ville; ordres à Defrance, à Priant, à DrouoL et à Dalauloy de se porter vis-à-vis Arcis par la rive droite de TAube et de s'y tenir prêts à marcher sur Vitry dans l'après-midi et dans la nuit; ordres à Macdonald de diriger ses trois corps d'armée sur Arcis, par la rive droite, « sans trop fatiguer ses troupes »; enfin, ordres à Marmont et à Mortier de rejoindre l'empereur par Châlons'.

Napoléon écrivit le 20 mars, dans la matinée au ministre de la Guerre : « Mon mouvement a parfaitement réussi... Je négligerai Troyes et je me porterai en toute hâte sur mes places»; et au moment de monter à cheval, il lui écrivit encore : « Je pars pour me rendre sur Vitry ^. » Très détaillés, très clairs, très précis, les ordres du major général confirmo.ntla lettre de l'empereur. Aucun doute ne saurait subsister. Il est manifeste que Napoléon veut marcber sur Vitry et qu'il ne songe nullement à poursuivre l'ennemie Son mouvement, dit-il, ou plutôt la première partie de son mouvement « a parfaitement réussi ». 11 sacrifie tout pour en assurer le succès complet. C'est ainsi qu'il ordonne à Marmont de découvrir la route de Paris. Certes Napoléon prévoyait que dans les circonstances, Blùcher n'oserait pas s'y aventurer

1. Registre de Berthior (lettres et ordres de Plancy, 20 mars). Cf. Correspondance de Napoléon, 2].bî2, 21523, 21525. Macdonald à Berthier.Anglure, 20 mars, 7 heures du soir. Ordre de Ney, Arcis, 20 mars (9 ou 10 heures du malin). Arch. de la guerre.

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