Damitz, I, 108. Cf. 116 et 120. Wagner, IV
Prussiens de Zieten et de Pirch, pas un n'échappera1.
La garde à pied et à cheval et les cuirassiers de Milhaud commencent déjà à se former pour l'attaque quand arrive un aide de camp de Vandamme, porteur d'une grave nouvelle. On signale à une lieue sur la gauche une colonne ennemie de vingt à trente mille hommes, paraissant se diriger vers Fleurus dans l'intention de tourner l'armée. Vandamme ajoute que les troupes de Girard, ayant reconnu ce corps comme ennemi, ont abandonne La Haye, et que lui-môme va être contraint d'évacuer Saint-Amand et de battre en retraite, si la réserve n'arrive pas pour arrêter cette colonne2.
Napoléon est troublé. Il a d'abord l'idée, comme Vandamme l'a eue aussi un instant, que la colonne est la division française qui, d'après ses ordres de huit heures du matin, a dû être porlée par Ney à Marbais. Mais une division n'a pas vingt ou trente mille hommes, et des troupes qui se montrent au sud de Villers-Perwin ne peuvent déboucher de Marbais3. Est-ce donc Ney qui survient avec toutes ses forces, selon les nouvelles instructions envoyées à deux heures et renouvelées à trois ? ou est-ce d'Erlon qui arrive avec le 1er corps, conformément à la dépêche expédiée à trois heures et demie ? Mais d'Erlon a comme Ney l'ordre de se rabattre par les hauteurs de Saint-Amand sur les derrières de l'ennemi et non de venir à Fleurus. Marcher sur
1. Napoléon, Mém., 96. Gourgaud, 59. Cf. Soult à Ney, Fleurus, 17 juin. «Registre du major-général.)
2. Napoléon, Mém., 96. Gourgaud, 59- Cf. Lefol, Souvenfrs, 63: « ... Il y eut une espèce de panique occasionnée par la fausse nouvelle qu'une colonne ennemie venait de surprendre notre gauche. » Souvenirs d'un ex-officier (du 45e, corps d'Erlon), 266 : « Nous arrivâmes en vue de Saint- Amand vers les cinq ou six heures. »