‹ 1815 (volume 2)Chapitre 102 sur 271 · Napoléon, Mém · texte numérisé non relu

Napoléon, Mém

Fleurus, c'est faire échouer le plan de l'empereur. Ni le maréchal Ney ni le comte d'Erlon n'ont pu tomber dans une pareille méprise ! D'ailleurs, Vandamme dit positivement que la colonne a été reconnue comme ennemie \ On est donc en présence d'un corps anglais qui aura passé à la droite de Ney, ou d'un corps prussien qui vient d'opérer par la Voie romaine et Villers-Perwin un vaste mouvement tournant2. L'empereur s'empresse d'envoyer un de ses aides de camp pour reconnaître la force et les intentions de la colonne ennemie. En attendant, il suspend le mouvement de la garde contre Ligny et lui fait reprendre sa première position devant le moulin de Fleurus, par régiments déployés. La division de jeune garde, de Duhesme, et les 2e, 3e et 4e chasseurs à pied de la garde, détachés de cette réserve, se portent au pas accéléré au soutien de Vandamme3.

Il est grand temps qu'arrivent ces renforts. A peine remis d'une panique causée par l'approche de la colonne ennemie, sauve-qui-peut que le général Lefol n'a pu arrêter qu'en tournant ses propres canons contre les fuyards \ le corps de Vandamme va avoir à subir une attaque d'ensemble de presque toute la droite prussienne. Un peu avant six heures, les batteries de réserve entrent en ligne et préparent l'assaut. Tippelskirch débouche de Wagnelée sur le Hameau, sa droite appuyée par les nombreux

1. Napoléon, Afém., 96. — D'après une tradition rapportée par Piérart (le D'-ame de Waterloo, 134), l'alerte de Vandamme est imputable à la pusillanimité de l'aide de camp envoyé par lui pour reconnaître la colonne. Cet officier craignit de s'en approcher à portée des balles et, sans remplir sa mission, revint dire que c'était l'ennemi.

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