‹ 1815 (volume 2)Chapitre 13 sur 271 · LES PLACES FORTES · texte numérisé non relu

LES PLACES FORTES

Menacé par l'Europe entière, Napoléon pensait bien qu'il ne pourrait empêeher l'invasion sur tous les points du territoire. Peut-être serait-il réduit, comme l'année précédente, à ne commencer ses opérations qu 'en-deçà de l'Oise, de l'Aisne et de la Marne. Même dans l'hypothèse la plus favorable, sa prochaine campagne devait être à la fois offensive et défensive. La mise en état de défense des places n'était donc ni moins nécessaire ni moins urgente que la réorganisation de l'armée. Dès le 27 mars, l'empereur donna des ordres pour ces travaux, qui furent entrepris seulement du 15 au 25 avril. On avait dû attendre les rapports sur l'état des places, les instructions du comité du génie, l'ouverture des crédits, la formation des ateliers^. A Metz, on employa 700 ouvriers par jour, à Rocroi 500, à Toul 700, à Landrecies 400, à Dunkerque 1,000, à Huningue 500, à Grenoble 400, à Cherbourg 500, à Bayonne 400, à Bordeaux 200, à Perpignan 150, au camp retranché de Maubeuge 1,000. Le 15 juin, les défilés des Vosges et les passages de l'Argonne étaient pourvus de redoutes, d'abatis, de palanques; on se tenait prêt à tendre, au premier ordre, les inondations du Nord ; et, dans plus de quatre-vingts villes, les travaux étaient ou complètement terminés ou en voie de prompt achèvement. Au reste, dans presque toutes les places, il n'existait pas de brèches aux remparts. Il avait fallu seulement relever les talus de contrescarpe, disposer les plates-formes pour les barbettes, réparer les embrasures, les banquettes,

nat. AF. IV, 1936.) Artillerie de la vieille garde, train et artillerie auxiliaires de la garde : 2,851. (Situation de d'Hériot, G juin. Arch. Guerre.) Total: 10,674.

1. Napoléon, Corresp., 21729, 21733, 21787, 21828, 21865. Davout à Napoléon, 11, 13. 19, 25 avril. (Arch. nat. AF. IV, 1940.) Ordres de Davout, 8 avril, et lettres diverses à Napoléon, 12, 13, 14, 15 avril. (Arch. Guerre.)

les glacis et établir les défenses accessoires et quelques ouvrages extérieurs ^.

Lyon et Paris exigeaient des travaux tout autrement considérables. A Lyon, 4,000 ouvriers furent embauchés. On répara la vieille enceinte de Fourvières, ainsi que celle qui joignait le Rhône à la Saône ; on éleva des têtes de pont à la Guillotièrc et aux Brotteaux, des redoutes à Pierre-Scise, à Saint-Jean et à la Croix-Rousse2. Dans la crainte sans doute de s'aliéner les Parisiens en leur montrant le péril en face, Napoléon, si urgente que lui parût la nécessité de fortifier Paris, ne donna ses premiers ordres à cet égard que le 1er mai3. C'était bien du temps perdu, d'autant plus que l'empereur voulait un vaste système de fortifications avec lignes continues, ouvrages à cornes et à couronnes, redoutes et forts croisant leurs feux''. Les généraux Ilaxo et Rogniat firent le tracé. Ce fut seulement vers le milieu de mai que les travaux entrèrent en pleine activité. 1,500, puis 2,000, puis

1. Rapports sur les travaux des places, 1er, 5, 9, 11, 20, 24, 28 mai. (Arch. nat. AF. IV, 1940.) Lettres à Davout : de Ruty, 7 mai; de Dumonceau, 7 mai; de Suchet, 21 mai; de Perrin, 26 mai. Ledru des Essarts à Lobau, 27 mai. Etat des travaux dans les différentes places, 15 juin. (Arch. Guerre.)

2. Napoléon, Corresp., 21733, 218G5, 21892. Dejean à Napoléon, 2 mai. (Arch. nat. AF. IV, 1940.) Rapport du général de Léry. Lyon, 1er juin. (Arch. Guerre.)

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