‹ 1815 (volume 2)Chapitre 135 sur 271 · PROJETS DE NAPOLÉON POUR LE 17 JUIN · texte numérisé non relu

PROJETS DE NAPOLÉON POUR LE 17 JUIN

pas inutile, car autant les Belges mettaient d'empressement à soigner nos blessés, autant ils montraient de répulsion à secourir les Prussiens qui s'étaient fait haïr^.

Arrivé à la hauteur du moulin de Bussy, l'empereur passa devant le front des troupes rangées sans armes à la tête des bivouacs. 11 s'arrêtait pour féliciter les chefs de corps, les officiers, les soldats. Ces derniers poussaient à sa vue des acclamations si retentissantes qu'elles furent entendues à plus de trois kilomètres par le général von Grôben en observation devant Tilly2. Cette tournée achevée, l'empereur mit pied à terre et s'entretint assez longuement avec Grouchy et plusieurs généraux de l'état de l'opinion à Paris, du Corps législatif, de Fouché, des Jacobins. Quelques-uns de ses auditeurs admiraient la liberté d'esprit qu'il conservait en des circonstances si graves ; d'autres étaient un peu inquiets de le voir perdre son temps à parler politique, égarant sa pensée sur des objets étrangers à ceux qui semblaient devoir l'occuper exclusivement. Grouchy n'osait cependant pas pressentir l'empereur sur les opérations projetées pour la journée. Déjà, au départ de Fleurus, il lui avait demandé des ordres, et Napoléon avait répondu avec humeur : « — Je vous les donnerai quand je le jugerai convenable3. »

L'empereur n'est pas si absorbé par les menées

1. Grouchy, Observ., 11; Relat. suce, 18. Lefol, Souvenirs, 69. Notes précitées de Baudus.

2. Grouchy, Observ., 11; Relat. suce, 18. Rapport de von Grôben, Tilly, 17 juin (cité par von Ollech, 169).

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