‹ 1815 (volume 2)Chapitre 149 sur 271 · Mùffiing, Aus meinem Leben · texte numérisé non relu

Mùffiing, Aus meinem Leben

3. Mémorandum sur la défense des Pays-Bas, 22 sept. 1814. {Dispatches or Wellington, XII, 129.) Wagner, IV, 61.

Hill Tordre de replier à Waterloo les divisions en marche sur les Quatre-Bras. Puis, après avoir parcouru son courrier qu'on venait de lui apporter de Bruxelles, il s'enveloppa dans son manteau et s'endormit. A son réveil, vers neuf heures, il jeta un coupd'œil sur les positions françaises. Voyant que Ney ne faisait aucun préparatif d'attaque, il dit : « — Est-ce que les Français se retireraient? Ce n'est pas du tout impossible 4. »

A ce moment, un officier prussien, le lieutenant de Massow, arriva de Mellery. Il était envoyé par Gneisenau pour informer Wellington de la concentration projetée de toute l'armée prussienne à Wavre, et pour lui demander ce qu'il comptait faire. Le duc répondit en présence de Mùffling : « — Je vais m'établira Mont-Saint-Jean. J'y attendrai Napoléon pour lui livrer bataille, si j'ai l'espérance d'être soutenu môme par un seul corps prussien. Mais si cet appui doit me manquer, je serai contraint de sacrifier Bruxelles et de prendre position derrière l'Escaut. » Massow repartit incontinent pour le quartier-général prussien 2.

Les Anglais commencèrent leur mouvement. Les divisions Gook et Picton, les Hollando-Belges de Perponcher, la division Alten, enfin le corps de Brunswick s'écoulèrent successivement par la route de Bruxelles. Les nombreux escadrons de lord Uxbridge s'étaient déployés en première ligne, de façon à masquer, puis à couvrir cette retraite. A

1. Wellington à lord Hill, 17 juin. (Dispatches, XII, 475.) Mùffling, Ans meinem Lebe.n, 208, et (C. de W.) Hist. de la Camp., 16. Leltre de Vivian. {Waterloo Letters, 1(56.) Siborne, History of ihe War in 1815, 1,250. Cf. le mémorandum de Wellington. {Suppl. Dispatches, X, 527.)

2. Mùffling, Aus meinem Leben, 208, et (C. de W.) Hist. de la Camp., 19, 20. Colonel Fraser, Letters, 543. Cf. von Ollech, Geschichte des Feldzuges von 1815, 180, et mémorandum de Wellington. (Supplem. Dispatches, X, 527.)

une heure, il ne restait plus en position que ce corps de cavalerie ^. Ney laissant des loisirs à lord Uxbridge, celui-ci s'assit avec son aide de camp sur le bord de la route. A cette réflexion que les Français tardaient bien à attaquer, l'aide de camp répondit en riant : « — Ils mangent 2 ! » Peu après, Uxbridge reçut l'avis que l'on apercevait des masses en marche vers la gauche. L'avant-garde impériale approchait par la route de Namur.

Du moulin de Bussy,près Ligny, l'empereur, avec la cavalerie légère de Domon et les cuirassiers de Mithaud, s'était rendu à Marbais où il avait dirigé précédemment le corps de Lobau, la division de cavalerie Subervie et la garde 3. Arrivé un peu avant une heure, il s'arrêta quelques instants, attendant des nouvelles de Ney ou le bruit du canon4.

1. C. de W. (Mûffling), Hist. de la Camp., 18-19. Siborne, I, 252-253. Cf. Damitz, II, 2213; W. Gomra., Letters, 356 ; et Waterloo Letters, 5, '27, 66, 94. 148, 253, 3G6, etc.

Tandis que cette infanterie se portait à Mont-Saint-Jean par Genappe et Rossomme, les troupes qui s'étaient concentrées à Nivelles sous lord Hill marchaient de cette ville sur Mont-Saint-Jean par Braine-l'Alleud. Cf. Ordres de Wellington à lord Hill (Quatre-Bras, au matin), 17 juin. {Dispatches, XII, 475.)

2. Mercer, Journal of the Waterloo Campaign, I, 266. Cf. la lettre du colonel Taylor, du 10e hussards (Waterloo Letters, 166), qui rapporte qu'à midi il voyait les Français faire la soupe.

3. 1815, II, 225, 225, 232. Ordre de Soult à Ney, 17 juin, midi : « Sa Majesté se rend à Marbais. »

4. Cf. Les lettres de Soult à Ney, Fleurus, 17 juin, 8 heures du matin (Registre du major-général), et en avant de Ligny, 17 juin, midi (duc d'Elchingen, Docum. inédits) où il recommande à ce maréchal d'envoyer des rapports et d'attaquer l'ennemi.

Il faut absolument rejeter la tradition locale d'après laquelle Napoléon se serait arrêté à Marbais chez un sieur Delestange et y aurait déjeuné et dormi une heure. (On m'a montré en Belgique vingt maisons où l'empereur s'est arrêté!) Il y a dix kilomètres du moulin de Bussy aux Quatre-Bras. L'empereur, parti du moulin vers midi et quart, arriva vers 2 heures

Impatient, il se détermina à marcher lui-môme sur les Quatre-Bras. A une lieue environ de ce point, les coureurs du 7e hussards1, qui éclairaient l'armée, se replièrent devant les vedettes anglaises. L'empereur forma ses troupes en bataille, l'artillerie au centre, l'infanterie en seconde ligne, les cuirassiers de Milhaud à la droite, la cavalerie légère de Jacquinot, de Subervie et de Domon à la gauche2. En même temps, il détacha vers Frasnes, afin de communiquer avec Ney, le 7e hussards, qui, prenant pour les Anglais les lanciers rouges de la garde, postés à l'extrême droite de la position du maréchal, commença à les fusiller. Les éclaireurs avaient fait prisonnière une vivandière anglaise.

à mille ou quinze cents mètres des Quatre-Bras. Comme il marchait avec les colonnes, c'est-à-dire au pas, il n'eut le loisir de faire qu'une courte halte àMarbais. D'ailleurs, cette halte était nécessitée par le temps qu'il fallait à l'officier porteur de l'ordre de Soult (ordre envoyé à midi) pour rejoindre Ney à Frasnes par la Voie romaine et Villers-Perwin. L'empereur avait voulu d'abord seconder l'attaque de Ney (voir l'ordre en question) et non la devancer. Mais, pris d'impatience à Marnais, il marcha aux Quatre-Bras sans attendre que Ney eût ouvert le feu.

Page 1