‹ 1815 (volume 2)Chapitre 159 sur 271 · J'ai cité cette lettre in extenso, pp · texte numérisé non relu

J'ai cité cette lettre in extenso, pp

envoyer, pour l'instant, de nouvelles instructions *. Ce n'est pas à dire qu'il ait eu raison.

Peu de temps après, des espions, pais des officiers envoyés en reconnaissance et des déserteurs belges vinrent, par leurs rapports, confirmer les prévisions de l'empereur. Les Anglais ne bougeaient pas. La bataille aurait lieu à Mont-Saint-Jean2.

L'empereur croyait tenir la victoire. Le pâle soleil qui apparaissait à travers les nuées « allait éclairer la perte de l'armée anglaise3 ». Napoléon était cependant troublé par l'inquiétude de ne pouvoir attaquer aussitôt qu'il le voudrait et qu'il le faudrait4. La veille au soir, dans l'espoir douteux que Wellington l'attendrait à Mont-Saint- Jean, il avait indiqué la position de bataille des différents corps d'armée, de façon à pouvoir engager l'action de bonne heure5. Malheureusement, l'orage avait détrempé les terres au point que, de l'avis des généraux d'artillerie, il serait impossible de faire manœuvrer les pièces. La pluie, il est vrai, venait de cesser ; mais il faudrait plusieurs heures pour

1. Napoléon (Gourgaud, 83, et Mém., 117) prétend avoir envoyé alors un duplicata de l'ordre qu'il avait expédié à 9 heures, prescrivant à Grouchy de porter un détachement à Saint-Lambert. Les raisons que j'ai données (p. 270, note 3) contre l'envoi par l'empereur d'un ordre à Grouchy d'occuper Saint-Lambert valent également contre le prétendu duplicata de ce prétendu ordre.

2. Napoléon, Mém., 122. Cf. Gourgaud, 84, et discours de Drouot à la Chambre des pairs. {Moniteur, 24 juin.)

Page 1