LE BUDGET DE LA GUERRE
recettes ordinaires et l'argent disponible étant insuffisants pour faire face aux dépenses, Gaudin, sur Tordre de l'empereur, négocia 3,600,000 francs de rentes de la Caisse d'amortissement, qui furent remplacés par la même valeur en crédit de bons nationaux. Cette opération menée avec le concours d'Ouvrard produisit, net de tout escompte, 40 millions argent comptant *.
Les dépenses d'armement, d'équipement et d'habillement des gardes nationales mobilisées, dépenses évaluées à 24 millions2, n'entraient pas dans le budget de la guerre. On les mit à la charge des départements qui durent y pourvoir par la taxe de remplacement, fixée à 120 francs, le prélèvement d'un dixième sur les revenus communaux et le produit du quart de la réserve des bois3. Il fut affecté en outre aux dépenses des gardes nationales la totalité des dons patriotiques, et un fonds de réserve de 6 millions à prendre dans la Caisse d'amortissement 4.
Grâce à ces ressources et à ces expédients, on parvint à mettre la France sur le pied de guerre.
départements. Cf. Mollien, Mém., IV, 190, et Mollien à Davout, 15 juin. (Arch. Guerre.)
1. Napoléon, Mém. pour servir à l'histoire, 27. Cf. Corresp., 21761.)
2. 23,920,120 francs. Carnot, Exposé de la situation de l'Empire {Moniteur, 15 juin.) — Il y avait à défalquer environ un dixième de cette somme, car les citoyens qui payaient un minimum de 50 francs d'impôts directs devaient s'armer et s'habiller à leurs frais.