Décret du 8 avril. {Bulletin, des Lois, il avril
L'empereur créa aussi une Caisse de l'Extraordinaire pour recueillir
promis la suppression des droits réunis s'étaient bien gardés d'y rien changer, et Napoléon, qui n'avait rien promis, abolissait ceux de ces impôts que l'on regardait comme les plus vexatoires et les plus insupportables. Chez les paysans, les petits rentiers, et dans le monde déjà influent des cabaretiers et des courtiers en vins, ce dégrèvement rallia plus de monde à la cause impériale que n'en éloigna l'Acte additionnel, attaqué surtout par les beaux esprits des salons et les professeurs de politique*.
L'empereur trouva une ressource inespérée dans une encaisse de 50 millions qui existait le 20 mars au Trésor2. Le ministre des Finances, le baron Louis, employait une partie de ces fonds à l'agiotage des bons royaux ; il avait eu scrupule de les emporter àGand3. Le gouvernement impérial bénéficia aussi de l'époque où s'était accomplie la révolution. Au 20 mars, les contribuables n'avaient encore que fort peu versé sur les trois premiers douzièmes des impôts qui allaient devenir exigibles. Il y eut, de ce fait, un afflux d'argent dans les caisses des receveurs pendant les mois d'avril et de mai, car en général les contributions rentrèrent bien4. Néanmoins les
tous les fonds casuels qui n'entraient pas au budget et les employer à indemniser les propriétaires des habitations détruites pendant l'invasion de 1814. (Décret du 6 avril.)
1. Corresp. des préfets. Avril-juin. (Arch. nat. F. 7,3774 et AF. IV, 1935.)
2. 50 millions. (Pasquier, Mém., III, 151.) — 50 millions. (Napoléon, Mém. pour servir à l'histoire, 27-28.) — 42 millions en bons et 30 millions en numéraire. (Allyemeine Zeiiung, 16 mai.)
3. Vitrolles, Mém., II, 339. — Les scrupules du baron Louis, mal fondés s'il eût cru que le gouvernement royal irait s'établir à Lille, étaient tout à fait légitimes, si, comme on peut le penser, il présumait que le roi passerait la frontière. Ces fonds appartenaient non à Louis XVIII, mais au pays.
4. Corresp. des préfets, avril-mai. (Arch. nat. F. 7, 3774.) Rapp. de Lannoy, Lyon, 1er juin. (Arch. Guerre.) — « Les contributions rentrent bien, écrit, le 10 mai, le préfet de la Moselle. Il ne reste à recouvrer pour les quatre premiers douzièmes que 169,000 francs sur 1,256,000 francs. »
Il va sans dire qu'il n'y avait pas le même empressement dans tous les