‹ 1815 (volume 2)Chapitre 181 sur 271 · DISPOSITION POUR L ATTAQUE · texte numérisé non relu

DISPOSITION POUR L ATTAQUE

d'Hougoumont et ayant comme réduit le village de Merbe-Braine, exigerait beaucoup de temps et de grands efforts ; mais l'extrémité de l'aile gauche ennemie est très faible, tout à fait en l'air, mal protégée, facile à déborder. C'est par Papelotte et La Haye que l'on pourrait opérer d'abordé II semble que l'empereur en eut un instant l'idée2. Mais le beau résultat, pour Napoléon, que d'infliger une demi-défaite aux Anglais et de les rejeter sur Hal et Enghien! Il veut la bataille décisive, YEntscheidungschlacht. Comme à Ligny, il cherche à percer l'armée ennemie au centre pour la disloquer et l'exterminer. Il emploiera sa tactique accoutumée, J'ordre parallèle, l'attaque directe, l'assaut par masses au point le plus fort du front anglais, sans autre préparation qu'une trombe de boulets.

L'empereur, il est vrai, ne pouvait bien juger du nombre des Anglais ni de la force de leur position. Plus de la moitié de l'armée alliée était masquée par les ondulations du terrain, et le général du génie Haxo, chargé de s'assurer s'il n'existait pas

1. Sans doute, de ce côté, on n'aurait pas eu la grande route pour faire dénier les batteries ; mais l'artillerie, en position à l'est de la Belle-Alliance, n'en aurait pas moins foudroyé les masses ennemies, et l'infanterie et même la cavalerie auraient gravi les pentes sans plus de difficulté que sur les autres points. On en a la preuve dans la marche de la division Durulte, à deux heures et demie, et dans ce fait rapporté par Wagner (67) et par Siborne (I, 387), qu'un peu après midi un parti de cavalerie française sans doute de la division Jacquinot) poussa une reconnaissance jusque sur le bord du plateau où il surgit devant la brigade hanovrienne de Best, qui dut rapidement se former en carrés. J'ai parcouru cette partie du terrain. Les fonds n'y sont pas moins praticables et les rampes n'en sont pas plus abruptes qu'aux abords de la grande route. Face à La Haye, le sol du vallon est résistant. Et, plus loin, le ruisseau d'Ohain n'a encore que 30 ou 40 centimètres de large.

Sans doute, aussi, si l'on avait attaqué d'abord par Papelotte, Wellington eût ordonné un changement de front partiel et dégarni son centre et sa droite pour renforcer sa gauche menacée. Mais Napoléon devait précisément souhaiter un pareil mouvement, puisque son intérêt tactique était de contraindre les Anglais à manœuvrer.

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