Relation de Reille. (Arch. Guerre
L'existence de cet ordre, verbal sans doute, qu'aucun historien n'a mentionné, n'est pas douteuse; car, dans l'ordre général dicté à 11 heures, il
Reille chargea de cette petite opération le prince Jérôme dont les quatre régiments formaient sa gauche. Pour protéger le mouvement, une batterie divisionnaire du 2e corps ouvrit le feu contre les positions ennemies. Trois batteries anglaises, établies au bord du plateau, à l'est de la route de Nivelles, ripostèrent *. Au premier coup de canon, des officiers anglais avaient regardé leur montre. Il était onze heures trente-cinq minutes2.
n'est nullement parlé d'un mouvement sur Hougoumont, et il est dit que l'artillerie entrera en action vers 1 heure. Or Reille, placé à 1,000 ou 1,500 mètres de l'empereur, n'eût pas pris sur soi d'ouvrir le feu, sans y être provoqué, une heure et demie avant le moment fixé, s'il n'eût reçu de nouvelles instructions.
Napoléon, d'ailleurs, modifia aussi sur d'autres points son ordre primitif. Ainsi, dans cet ordre, il est dit que la grande batterie aura 24 pièces, et cette batterie fut portée à 80 pièces avant de commencer le feu. En outre, d'après l'ordre de 11 heures, le corps de Reille devait seconder le mouvement de d'Erlon sur Mont-Saint-Jean, « en s'avançant à mesure pour garder la hauteur du 1er corps ». Ces instructions ne furent point exécutées, soit que Napoléon les ait modifiées, soit plutôt que, préoccupé de la diversion sur Hougoumont, où cependant une seule de ses divisions était alors aux prises, Reille les ait négligées.
Quant à l'ordre de Napoléon concernant le mouvement vers Hougoumont, ou du moins, à l'esprit de cet ordre, Reille dit expressément qu'il s'agissait seulement « de se tenir dans le fond, derrière le bois, en entretenant en avant une bonne ligne de tirailleurs». Il ajoute que l'ordre de ne pas outrepasser ces instructions fut, en vain, réitéré plusieurs fois. Guilleminot, chef d'état-major de Jérôme, dit aussi qu'il avait voulu rompre à Hougoumont un combat inutile. (Conversation rapportée par le général "Woodford, Waterloo Letters, 261.) — Ces témoignages sont d'une grande importance. Il est démontré par là que Napoléon ne voulait point s'emparer d'Hougoumont, dont la possession lui importait fort peu pour l'attaque qu'il avait ordonnée sur le centre gauche anglais. On remarquera en effet que :1° dans l'ordre de 11 heures, il n'est pas question d'une attaque sur Hougoumont ; 2° dans le bulletin de la bataille {Moniteur, 21 juin) le nom d'Hougoumont n'est pas même prononcé et qu'il n'est pas, par conséquent, fait mention de l'attaque de la ferme. Il est dit seulement: «Le prince Jérôme, commandant une division du 2e corps, destinée à en former l'extrême gauche, se porta sur le bois dont l'ennemi occupait une partie. Aune heure, le prince fut maître de tout le bois. »
1. Relation de Reille. (Arch. Guerre.) Lettre de Jérôme à la reine Catherine, 15 juillet. (Mém. du roi Jérôme, VII, 22.) Rapport du prince d'Orange. (Suppl. Dispatches of Wellington, X, 555.) Lettres du capitaine Yalcott et du colonel Gawler. {Waterloo Letters, 192, 288, etc.) Kennedy, 102.
2. Kennedy (102) : « onze heures et demie. » Waterloo Letters (288, lettre du capitaine Yalcott) : « onze heures vingt ; » (192, lettre du colonel Gawler) :« onze heures et demie. »Siborne(I, 384): « onze heures et demie. »