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LES CORPS D'ARMÉE

présenté aux Chambres le 19 juin, figurait donc un emprunt national de 150 millions, garanti par les bois de l'Etat. Tous les contribuables devaient souscrire pour une somme égale au principal de leurs taxes foncière et mobilière ^. C'était l'emprunt forcé.

L'empereur n'attendit môme pas le commencement de la mobilisation pour organiser les corps d'armée. Grâce à la concentration des troupes sous Paris ordonnée par Louis XVIII2, aux nombreux régiments qui s'étaient réunis depuis Grenoble au Bataillon de l'île d'Elbe, enfin aux fortes garnisons des villes frontières du Nord et de l'Est, Napoléon, aussitôt après sa rentrée aux Tuileries, se trouva avoir en quelque sorte dans la main une grande partie des disponibles de l'armée. Pour être prêt à tout événement, il s'empressa, dès le 26 mars, d'ordonner la formation de huit corps d'observation. Le 1er dut se rassembler à Lille; le 2e à Valenciennes ; le 3e à Mézières ; le 4e à Thionville ; le 5e à Strasbourg; le 6e à Chambéry; le 7e au pied des Pyrénées ; le 8e, ou corps de réserve,

1. Rapport de Gaudin à l'empereur, Projet de loi de finances. {Moniteur, 20 et 21 juin.) — Peu après la seconde rentrée des Bourbons, un emprunt absolument identique, sauf qu'il était de 50 millions de moins, fut ouvert ou plutôt imposé d'après le conseil du baron Louis.

Le budget impérial pour 1815 était prévu en recettes et en dépenses à la même somme de 770 millions. Si l'on songe que les dépenses du budget royal étaient évaluées à 646 millions — 547,700,000 francs {Moniteur du 23 juillet 1814), plus 98,052,000 francs d'augmentation pour le budget de la Guerre (Davout à Napoléon, 28 mars 1815. Arch.nat. AF.IV, 1941), — il semble certain que le budget de G-audin se fût soldé par un déficit considérable, bien qu'il parût à l'empereur que, sauf pour la Guerre, on pourrait faire de grosses économies sur les budgets de tous les ministères. (Napoléon, Cor* resp., 21761.)

à Paris *. Provisoirement, les régiments entrant dans la composition de ces corps d'armée seraient à deux bataillons. Les cadres des 3CS bataillons et les dépôts seraient concentrés dans le gouvernement militaire de Paris et dans les villes de l'intérieur, en attendant que l'appel des réserves permît de former des 3es, 4es et 5CS bataillons, qui iraient aussitôt rejoindre l'armée. Les gardes nationales mobilisées remplaceraient la troupe de ligne dans les places fortes2.

La cavalerie légère fut répartie à raison d'une division par corps d'armée. Avec le surplus de cette cavalerie et les dragons, les cuirassiers et les carabiniers, on forma huit divisions de réserve, à chacune desquelles fut attachée une batterie d'artillerie à cheval3.

La garde impériale ne comprenait plus, le 20 mars, que les deux régiments de grenadiers et les deux régiments de chasseurs de la vieille garde, et quatre régiments de cavalerie4. L'empereur augmenta les

i. Napoléon, Corresp., 21723, 21734, 21747, 217G5. Davout, Corresp., 1514, 1515. Lobau à Davout, 24 mars. Davout à Napoléon, 31 mars, 11 avril. (Arch. Guerre.)

Le 1er corps fut formé avec les garnisons de la 16e division militaire (Lille). — Le 2e, partie avec les troupes de l'ex-armée du duc de Berry, partie avec celles qui avaient suivi l'empereur depuis Grenoble. — Le 3e, avec les garnisons de la 2e division militaire (Mézières). — Le 4e, avec les garnisons des 3e et 48 divisions militaires (Metz et Nancy). — Le 5e, avec les garnisons de la 56 division militaire (Strasbourg). — Le 6e, avec les garnisons des 7e et 8e divisions militaires (Grenoble et Toulon.) — Le 7e, avec les garnisons des 9e, 10e et 11e divisions militaires (Montpellier, Toulouse et Bordeaux). — Le 8e, partie avec les troupes ci-devant sous les ordres du duc de Berry, partie avec celles que l'empereur avait amenées à sa suite.

2. Napoléon à Davout, 26 mars (Arch. Guerre, carton de la Corresp. de Napoléon.) Napoléon, Corresp., 21749, 21789, 21794, 21821, 21822. Davout à Carnot, 11 avril. Ordres de Davout, 10, \i, 12, 20, 21 et 27 avril. (Arch. Guerre.)

3. Napoléon, Corresp., 21731. Cf. 2 1 1 47, 21810. Ordres de Davout, lrr avril. Davout à Napoléon, 24 avril. (Arch. Guerre.)

4. La garde comprenait au 20 mars 7,390 officiers et soldats. (Rapp. de Davout, 21 mars. Arch. nat. AF. IV, 1940.) L'empereur la porta à 28,328

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