ORDRES DE L'EMPEREUR A KELLERMANN
cavalerie. Il allait peut-être exposer ses raisons à Flahaut, quand le général Lhéritier, qui commandait sa première division (cuirassiers et dragons), la mit en marche au grand trot sans attendre aucun ordre. Kellermann dut suivre avec sa seconde division, composée des 2° et 3e cuirassiers et des 1er et 2e carabiniers ; mais, non loin de Hougoumont, il arrêta la brigade de carabiniers dans un pli de terrain, en faisant défense formelle au général Blancard de bouger de là, à moins d'un ordre exprès de lui-même Kellermann '. Sage précaution, car ces huit cents carabiniers étaient désormais la seule réserve de cavalerie qui restât à l'armée. Fiahaut, selon les instructions de l'empereur, avait transmis l'ordre de charger non seulement à Kellermann, mais aussi au général Guyot, commandant la grosse cavalerie de la garde (dragons et grenadiers
à cheval) 2.
L'empereur a dit qu'il avait dû faire soutenir les divisions de Milhaud dans la crainte qu'un échec de celles-ci, subi devant toute l'armée, n'abattît les courages et n'entraînât la panique et la déroute3. N'espérait-il pas aussi écraser les Anglais sous une nouvelle masse de cavalerie
1. Relation de Kellermann. (Arch. Guerre.) Relation du colonel Planzeaux, du 2e dragons. (Arch. Guerre.)
2. Napoléon a prétendu que la division Guyot chargea sans ordres, par un mouvement spontané, et qu'il dépêcha Bertrand pour rappeler cette cavalerie, mais qu'elle était déjà engagée. (Gourgaud, 104. Napoléon, Mem., 151, 187-188.) — C'est une grosse erreur de mémoire. Il y a pour la rectmer deux témoignages formels :
1» Flahaut, dans sa lettre insérée dans le Moniteur du 9 avril 1857, eut . « L'empereur m'ordonna de porter l'ordre à toute la cavalerie, de soutenir et de suivre celle qui avait déjà passé le ravin. »
2° Montholon {Récit8 de la captivité, II, 84) dit: « 17 février 1817. — A dîner, l'empereur discute quelques faits indécis dans sa mémoire et qui se rattachent à Waterloo. Il se refuse à croire qu'il ait fait donner 1 ordre au général Guyot d'engager la cavalerie de la garde. Cependant, c est un tait incontestable. »