‹ 1815 (volume 2)Chapitre 208 sur 271 · Gourgaud, 97. Napoléon, Mém · texte numérisé non relu

Gourgaud, 97. Napoléon, Mém

cuirassée? Il fallait brusquer Faction, gagner sur un point, se maintenir sur un autre, vaincre et imposer à force d'audace, car les circonstances étaient devenues terriblement critiques. L'empereur livrait à la fois deux batailles, l'une parallèle, l'autre oblique : de front, il attaquait les Anglais ; sur son flanc droit, il était attaqué par les Prussiens.

Vers une heure, Blùcher avait rejoint, à Chapelle- Saint-Lambert, le gros du corps de Bulow; mais, quelle que fût son ardeur à combattre, il jugeait imprudent de s'engager dans les défilés de la Lasne avant d'être assuré qu'il n'y serait point pris en flagrant délit de marche. Trois quarts d'heure plus tard, il sut par des rapports de reconnaissances que, les Français étant fort loin, il ne courait encore aucun risque 4. Il mit aussitôt ses troupes en mouvement dans la direction de Plancenoit. Son objectif était de déborder la droite de l'armée impériale2. La

1. Rapport de Bùlow, cité par von Ollech, 192. Wagner, IV, 75.

Dans son Mémorandum sur la bataille de Waterloo (ûispatches, XII, 528), Wellington prétend que l'avant-garde de la cavalerie de Bùlow était sur le terrain, en avant d'Ohain, le 18 au point du jour. De même Damitz (II, 242-243) dit que le 18, de grand matin, un détachement du 2e hussards de Silésie vint reconnaître les déniés de la Lasne. Ce sont deux graves inexactitudes. L'aide de camp de Wellington, Hervey (lettre du 9 juillet 1815, dans le Nineteenth Century, mars 1893) dit que ce fut seulement entre 10 et 11 heures que l'on aperçut la cavalerie prussienne à deux lieues dans la direction d'Ohain. Nous savons, d'autre part, que le 2e hussards était encore le 18, à 4 heures du matin, à Dion-le-Mont et que l'avant-garde de Bulow dont il faisait partie n'arriva à Chapelle-Saint-Lambert que vers 10 heures. Si, d'ailleurs, les défilés de la Lasne avaient été explorés par les hussards de grand matin, ces cavaliers n'auraient point rendu compte de leur mission à 2 heures seulement.

2. Rapport de Bulow. Cf. Mùffling, Aus meinem Leben, 209, et C. deW. (Mutfling), 2.1. Von Ollech, 214-215.

Mùffling assure qu'il soumit à Wellington dans la matinée et envoya vers midi et demi à Bùlow une disposition d'attaque comprenant trois hypothèses :

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