RETRAITE SUR LAON
laissant Soult à Philippeville pour veiller au ralliement de l'armée, il monta, tout seul, à ce qu'il semble, dans une des calèches du major-général. Bassano, Bertrand, Drouot et les aides de camp le suivirent dans deux autres voitures4.
De Philippeville à Paris, la route la plus directe, (48 postes et demie) était par Barbançon, Avesnes, La Capelle, Marie etLaon. Mais l'empereur ne voulait point risquer d'être enlevé par quelque parti de cavalerie prussienne qui aurait franchi la Sambre à Marchienne 2 ; il prit une route un peu plus longue (51 postes), qui passait à Marienbourg, Rocroi, Maubert-Fontaine, La Capelle, Marie et Laon. Au soleil couchant, on s'arrêta quelques instants en vue de Rocroi. Les habitants ne savaient rien de la grande défaite ; ils se portèrent en foule sur les remparts avec l'espérance d'apercevoir l'empereur. Leurs acclamations le réveillèrent au fond de sa calèche3. Il put avoir un moment l'illusion, tant les événements avaient été rapides, qu'il sortait d'un mauvais rêve.
Gomme on craignait sans doute de ne point trouver de relais à Maubert-Fontaine (nombre de chevaux avaient été mis en réquisition huit jours auparavant pour les services auxiliaires du corps de Vandamme), on fit un crochet jusqu'à Mézières. Là aussi, les chevaux manquaient. On en alla quérir
(II, 192, 193), du capitaine de Vatry (Notes sur les Cent-Jours, citées dans les Mémoires du maréchal de Grouchy, IV, 113-114) et des Nuits de l'Abdication, dont il existe une copie aux Archives des Affaires étrangères (1802), il semble que ce Bulletin fut commencé à Philippeville le 19, achevé à Laon le 20 dans la soirée, enfin relu et modifié à l'Elysée dans la matinée du 21. i. Gourgaud, 131.Fleury de Chaboulon, II, 187. Relation de Traullé, commandant de place à Mézières. (Arch. de Mézières.) — Traullé vit arriver les trois voitures à Mézières.