‹ 1815 (volume 2)Chapitre 3 sur 271 · et les notes · texte numérisé non relu

et les notes

France, les royalistes travaillaient à détruire la popularité de l'empereur en prédisant la guerre. Ce n'était pas le moment d'alarmer, de mécontenter tout le pays par l'appel des réserves. Au reste, Napoléon conservait encore une lueur d'espoir qu'il n'y aurait pas rupture avec l'Europe1. Cette espérance illusoire diminuant d'heure en heure, il se décida à faire paraître le décret dans le Moniteur du 9 avril. Gomme il le prévoyait, ce décret porta un coup à l'opinion. En quelques jours, la rente haissa de huit francs. La tristesse et l'abattement dominaient dans les campagnes. Les paysans, fort heureux en général de n'avoir plus à subir les vexations des hobereaux ni à redouter le rétablissement des privilèges et la reprise des biens d'émigrés, sentaient s'affaiblir leurs sentiments pour l'empereur à la pensée que son retour allait amener, sinon peut-être une seconde invasion, du moins une guerre sans fin2.

En raison du temps nécessaire à la transmission des ordres, à l'affichage, aux délais légaux, les revues d'appel commencèrent seulement le 25 avril3. L'opinion était si réfractaire à l'idée de guerre que parmi les rappelés eux-mêmes, tous cependant anciens soldats de Napoléon, beaucoup ne se présentèrent qu'afin de faire valoir des motifs d'exemption ou de réforme. 11 est vrai que, si un grand nombre de ces hommes avaient déserté en 1814 pour ne pas porter la cocarde blanche, un plus grand nombre avaient quitté les corps par lassitude des

1. Caulaincourt à Napoléon, 25 mars; au cardinal Fesch, 8 avril. (Arch. Aff. étr., 672 et 1801.) F. de Chaboulon, Mém., I, 330.

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