I, 510-511, et les notes
3. Circulaire de Carnot, 9 avril. (Arch. nat. Fia, 31.) Davout à Napoléon, 1er mai. (Arch. nat. AF. IV, 1936.)
armes. Depuis une année, ils avaient repris les travaux des champs et des ateliers, beaucoup d'entre eux s'étaient mariés ; ils se trouvaient moins disposés encore à servir. Dans les départements à esprit royaliste, où les rappelés se sentaient soutenus par la population, les séances d'examen furent tumultueuses. On criait : « Nous ne partirons pas. Vive le Roi1 ! » Craignant une insurrection dans l'Ouest, l'empereur autorisa plusieurs préfets de cette région à appliquer le décret avec de grands ménagements et même à en suspendre l'exécution2. Malgré tout, la levée donna 17,000 hommes de plus que ne l'avait présumé Davout, peu enclin aux illusions3. Dans les premiers jours de juin, 52,446 rappelés avaient été incorporés, et 23,448 étaient en route pour rejoindre4.
Les engagements volontaires, qui avaient été si
1. Corresp. des préfets, avril-juin. Rapports à l'empereur et à Fouché, mai-juin. Rapport de Davout, 11 mai. (Arch. nat. F. 7, 3774 et AF. IV, 1934 et 1936. AF. IV, 1947, AF. IV, 1939.) Corresp. générale, avril-juin. (Arch. Guerre.)
2. Davout aux préfets de la Mayenne et de Maine-et-Loire, 28 avril; à Rigarré, 14 mai. (Arch. Guerre. Rapp. de Davout à Napoléon, s. d. —10 ou 12 avril? — et 11 mai; Arch. nat. AF. IV, 1936.) — Aucune poursuite ne fut exercée contre les réfractaires ; les rappelés qui voulurent bien se présenter furent autorisés par certains préfets à entrer dans des corps départementaux destinés à ne pas quitter le pays. Passé le 15 mai, il n'y eut même plus de revue d'appel.
3. « Il ne restera comme ressources réelles que 59,000 hommes, » avait dit Davout. (Rapp. à l'empereur, avril. Arch. nat. AF. IV, 1936.) — L'évaluation de Davout fut même dépassée de plus de 25,000 hommes, si l'on ajoute aux 76,000 hommes incorporés ou mis en route du 25 avril au lo juin les 4,000 semestriers qui avaient rejoint les corps du 15 mars au 9 avril, et enfin les quelques milliers de rappelés arrivés aux chefs-lieux des départements du 10 au 25 juin. (Les opérations du recrutement durèrent jusqu'après l'abdication.)
4. Rapport de Davout à Napoléon, 11 juin. (Arch. nat. AF. IV, 1936.) 82,560 rappelés avaient reçu des feuilles de route, mais 6,662 avaient
déserté. De ces 82,560 rappelés, les uns provenaient des 85,000 déserteurs de 1814, les autres de ceux des 32,000 hommes en congé limité et illimité qui n'avaient pas rejoint les corps antérieurement au 9 avril.
rares pendant la campagne de France1, s'élevèrent à environ 15,000 2. Une ordonnance royale du 31 décembre 1814 accordait à chaque enrôlé volontaire une prime de 50 francs ; l'empereur supprima cette allocation. « Ce moyen, dit-il, ne peut s'allier avec les sentiments qui portent les Français à la défense de leur indépendance3.» Pour provoquer les enrôlements, il pensa à faire lire par des officiers de la garde, avec accompagnement de tambours, des appels aux armes sur les places publiques, autour des ateliers et dans les villages. Mais Davout lui ayant représenté que « ce serait du désordre inutile », il laissa là cet expédient renouvelé des sergents recruteurs du xvme siècle4.
Réduite à quelques bâtiments en état de prendre la mer, sans équipages (les deux tiers des matelots avaient été envoyés en congé) et sans approvisionnements5, la flotte ne pouvait être employée que pour des croisières dans la Méditerranée0. Avec les hommes disponibles dans les ports et les inscrits maritimes à lever, l'empereur espérait constituer 50 à 60 bataillons de matelots7. On en forma a