Napoléon, Corresp., 21825, 22043. Davout, Corresp
3. C'est ainsi que Durutte, qui commandait à Metz, fut mis à la tête d'une division du !•* corps : « Quoique je n'aie pas lieu d'être mécontent de Durutte, il faut le rappeler de Metz et lui donner un autre commandement. » Napoléon à Davout, 27 mars. (Arch. nat. AF. IV. 907.)
tête de la jeune garde1. Suchet eut l'armée des Alpes 2 ; Jourdan reçut le gouvernement de Besançon, ville forte de première ligne où Davout jugeait nécessaire qu'il y eût un maréchal de France3.
En disgrâce depuis 1807 pour avoir, a-t-on dit, fermé trop complaisamment les yeux sur les concussions de Bourrienne dans les villes hanséatiques, Brune avait demandé vainement, au début de la campagne de France, à reprendre du service4. Pendant la Restauration, il était aussi resté sans emploi. Après le retour de l'empereur, Brune offrit de nouveau son épée. Les qualités d'administrateur dont il avait fait preuve en Belgique, dans la Gironde, dans la Vendée, en Toscane, le désignaient pour le gouvernement d'une des provinces où persistaient les troubles. Envoyé à Marseille comme gouverneur de la 9e division militaire, il fut chargé en même temps de l'organisation et du commandement du corps d'armée du Var 5.
Le maréchal Ney, arrivé à Paris avec ses troupes, le 23 mars, reçut le même jour une mission dans les départements du nord et de l'est. Le but patent était d'inspecter les places; le but secret, de juger de l'état des esprits, de donner des renseignements
1. Davout à Mortier, 22 mars. La Poype à Davout, Lille, 13 mai. Lanusse à Davout, Metz, 21 mai. (Arch. Guerre.) Napoléon, Corresp., 21852, 22025.) Davout, Corresp., 1657. Bulletin de l'armée, 15 juin. (Moniteur, 18 juin.)
2. Napoléon, Corresp., 21844. Davout, Corresp. 1518, 1538, 1691, 1721. — L'empereur avait pensé un instant à laisser Suchet à Strasbourg comme commandant de l'armée du Rhin; mais, dès le 30 mars, il l'avait rappelé à Paris, lui réservant le commandement éventuel de plusieurs corps. (Napoléon, Corresp., 21723, 21747), puis il l'avait envoyé à Lyon, comme commandant supérieur des 6e, 7e, 8e, 9e et 19e divisions militaires, avec Grouchysous ses ordres. (1815, I, 424-425.) Plus tard, il lui donna l'armée des Alpes.
3. Davout à Napoléon, 1er et 3 juin. (Arch. nat. AF. IV, 1939.)
4. Brune à Glarke, 5 janv. 1814. (Dossier de Brune, Arch. Guerre.)
5. Napoléon, Corresp., 21815, 21896, 21952. Davout à Brune, 16 avril. (Arch. Guerre.)
sur les officiers et les fonctionnaires, de proposer, s'il y avait lieu, des destitutions ou des remplacements^. Ney remplit cette mission avec zèle, mais il eut le mauvais goût de manifester contre les Bourbons des senti ments d'une violence inouïe. Dans les réunions d'officiers, il exhalait des injures contre le roi et les princes. « C'est une famille pourrie2», disait-il. Ces propos n'étaient point de nature à lui ramener l'opinion, qui lui était généralement hos tile. Môme chez les bonapartistes, jusque dans l'entourage de l'empereur, on blâmait sa conduite à Lons-le-Saunier. Ce méchant jeu de mots courait Paris : « Il fallait être né (Ney) pour ça! » Et sa rcvirade n'empêchait point qu'on ne le soupçonnât. « Si l'on emploie Ney en campagne, écrivit un anonyme à l'empereur, il faut lui donner un étatmajor dont on soit sûr. » Il ne manquait pas de gens pour rappeler à Napoléon l'inoubliable scène de Fontainebleau, et peut-être lui avait-on rapporté les paroles de Ney lors de son récent passage à Dijon : « Je me félicitais d'avoir forcé l'empereur à abdiquer, et maintenant il me faut le servir3! » Pour comble, le maréchal, au retour de son inspection, vers le 15 avril', commit la prodigieuse maladresse de s'excuser à l'empereur du mot sur la cage de fer. « — Ce propos est vrai, dit-il,
1. Ney à Davout, Paris, 23 mars, et Lille, 28 mars. (Arch. Guerre.) Neyà Napoléon, 25, 26, 28, 30 mars, 1", 7 et 9 avril. (Arch. nat. AF. IV, 1936.) Napoléon, Corresp., 21734.
2. Dépositions du capitaine Grison, du 37e, et du capitaine Casse, du 42e. {Procès de Ney, II, 163-165.) Cf. la déposition écrite du juge de paix d'Auxonne, du 3 nov. (Dossier de Ney) qui rapporte ces paroles du maréchal : '< Il faut que ces canailles de Bourbons et cette lâche noblesse aillent encore passer une vingtaine d'années en Angleterre. ■»
3. Notes de Rousselin. (Collection Bégis.) Gazette d'Aaran, 13 mai. Déposition de Mme Maury. (Procès de Ney, II, 177-178.) Napoléon, Vile d'Elbe et les Cent Jours. (Corresp. XXXI, 104.) Lettre à l'empereur, s. d. (juin). (Arch. nat. AF. IV, 1934.)