AF. IV
grand'peine une vingtaine1, et, au milieu de juin, un seul avait été mis en route2; il formait la garnison de Calais. Les trois régiments d'artillerie de la marine, d'un effectif réel de 5,284 hommes sous la Restauration, furent portés à environ 6,000 hommes par l'organisation d'un nouveau bataillon3. Six Bataillons restèrent dans les ports dont ils devaient assurer la défense ; deux furent détachés à Paris, un vint à Lyon, un autre combattit en Bretagne dans la colonne mobile du général Bigarré4.
Des trois régiments étrangers qui existaient sous Louis XVIII, l'empereur conserva le 2e (Isenberg) et le 3e (Irlandais), présentant ensemble 875 baïonnettes; le 1er (La Tour d'Auvergne), resté fidèle au duc d'Angoulême pendant la courte campagne du Midi, fut dissous3. L'empereur eût désiré garder les quatre régiments suisses, mais l'opposition
1. J'ai cherché vainement dans les Archives de la Marine un état de situation de ces matelots mobilisés. Mais une lettre de l'amiral Duperré, du 8 juin, peut du moins renseigner approximativement sur les résultats de la levée. Duperré écrit que le 1er régiment à former à Toulon n'a encore que 512 officiers et soldats, qu'il compte le compléter à 1,000 hommes, mais qu'il n'espère point pouvoir former en entier le 2e régiment. (Duperré à Decrès, Toulon, 8 juin. Arch. de la Marine BB3, 427.) Ainsi, au 8 juin, il n'y avait encore à Toulon qu'un seul bataillon formé. Mais si l'arrondissement de Dunkerque, très hostile, ne dut pas fournir davantage, ceux de Cherbourg, de Brest, de Lorient et de Rochefort, où la population était plus patriote et moins réfractaire au service, donnèrent un plus grand nombre d'hommes. (Cf. les rapports sur les levées de marins, 8, 12, 14 et 15 mai, Arch. nat. AF. IV, 1941.) Becker dans sa Relation (p. 98) fait mention du 14e régiment de marine. On peut donc admettre qu'il y avait en formation, en juin, 14 régiments de marine, presque tous vraisemblablement à un seul bataillon, ce qui donnait un total de 10,000 hommes environ.
2. Composition des garnisons des places. (Arch. nat. AF. IV, 1936.)— Le 14 juin, Decrès annonça au conseil des ministres que le premier régiment formé à Brest arriverait à Paris le 18 juillet. (Arch. nat. AF. IV, 990B.) Cf. pour le régiment de Toulon la lettre précitée de l'amiral Duperré.