‹ 1815 (volume 2)Chapitre 7 sur 271 · Historique de V Artillerie de la Marine · texte numérisé non relu

Historique de V Artillerie de la Marine

4. Davout à Lobau, 1er mai. (Arch. Guerre.) Procès-verbaux du Conseil des Ministres, 8 juin. (Arch. nat. AF. IV, 990B.) Napoléon, Corresp., 21846. Historique de l'Artillerie de la Marine, 134-135.

5. Davout à Napoléon, 24 avril. (Arch. Guerre.) Cf. 1815, I, 20 et 413.

des officiers à prendre la cocarde tricolore imposa le licenciement de ces troupes1. On s'occupa d'organiser cinq nouveaux régiments étrangers : un de Polonais, vite constitué à 800 hommes, grâce aux soldats de l'ex-légion de la Vistule qui, bien que licenciés en 1814, n'étaient pas encore rapatriés ; un de Suisses où entrèrent 502 hommes des quatre régiments supprimés le 2 avril; un d'Italiens, un d'Allemands et un de Ilollando-Belges. Ces trois derniers devaient être formés avec les déserteurs des armées de Frimont, de Blùcher et du prince d'Orange. Au commencement de juin, le régiment hollando-belge comptait 378 baïonnettes. On leva enfin dans la Gironde un bataillon d'hommes de couleur et quelques compagnies de réfugiés espagnols2.

Le territoire étant menacé, les lois et décrets de 1791, de 1792, de 1805 et de 1813, qui n'avaient pas été abrogés, donnaient à l'empereur le droit d'augmenter l'armée par des gardes nationales mobilisées. Quelques jours après sa rentrée aux Tuileries, il s'occupa avec Davout et Carnot de la réorganisation de la garde nationale3. 11 y avait alors dans toute la France 200,000 gardes nationaux, ou environ, âgés de vingt à soixante ans, et Carnot estimait que l'on en pourrait porter le

1. Fririon à Davout, 21 mars. (Arch. Guerre.) Décret impérial, 2 avril. (Arch. Guerre, carton de la Corresp. de Napoléon.)

2. Napoléon, Corresp., 21765. Davout à Duruttc, 23 mars; à Napoléon, 5 et 23 avril. Dérivaux à Davout, Verdun, 25 mars. Lebarbier de Tinan à Davout, 12 avril. Proteau à Davout, 8 avril. Fririon à Davout, 1G avril et 1er mai. Ordre de Bigarré, 5 juin. Situation du général d'Armagnac, 17 juin. (Arcb. Guerre.) Elat des garnisons des places en juin. (Arch. nat. AF. IV, 193G.)

3. Napoléon, Corresp., 21728, 217G7, 21775. Davout, Corresp., 15G0, 1501. Circulaires de Carnot, 28 mars et 12 avril. (Arch. nat. Fia, 31.) Souvenirs manuscrits de Davout (communiqués par M. le général Davout, duc d'Auerstœdt.)

nombre jusqu'à deux millions et demi^. Un décret, rendu le 10 avril, prescrivit que tous les citoyens susceptibles du service de la garde nationale seraient inscrits sur les contrôles pour être formés en bataillons2. L'empereur ne pensait pas à organiser une pareille multitude, mais il comptait y prendre un grand nombre de bataillons de mobilisés, composés uniquement d'hommes de vingt à quarante ans. Il se rappelait qu'à Fère-Champenoise, en 1814, les gardes nationales s'étaient battues comme de vieilles troupes. Par de nouveaux décrets, il ordonna la mobilisation de 326 bataillons, à 720 hommes chacun, qui devaient être incontinent dirigés sur les places frontières et les camps retranchés3. C'était remettre en vigueur le décret de la Législative du 11 juillet 1792, avec cette atténuation que, dans les bataillons de guerre, le remplacement était autorisé. On fixa la taxe de remplacement à la modique somme de 120 francs4.

Dans une vingtaine de départements, nommément dans l'Ain, l'Aisne, l'Ardèche, les Ardennes, l'Aube, la Côte-d'Or, l'Isère, le Jura, la Marne, la

1. Rapport de Carnot à la Chambre des pairs, 13 juin. {Moniteur, 15 juin.)

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