‹ 1815 (volume 2)Chapitre 62 sur 271 · LA DÉSERTION DU GÉNÉRAL DE BOURMONT · texte numérisé non relu

LA DÉSERTION DU GÉNÉRAL DE BOURMONT

désertion confirmait bien malencontreusement les craintes de trahison et les suspicions contre les chefs dont les soldats avaient l'esprit troublé depuis trois mois. Des murmures, des imprécations partaient des rangs. Un des brigadiers de Bourmont, le général Hulot, « jugeant le moment critique », harangua les deux régiments sous ses ordres ; il leur jura solennellement, l'épée à la main, « de combattre avec eux les ennemis de la France jusqu'à son dernier souffle1 ». Gérard, à son tour, crut devoir passer devant le front des troupes et leur adresser quelques paroles ; elles répondirent par des acclamations 2. Gérard était lui-même très ému de la désertion de son protégé Bourmont. Hulot lui en donna les détails.

Un peu après cinq heures du matin, Bourmont était monté à cheval à Florenne avec tout son étatmajor, le colonel Glouet, le chef d'escadrons de Villoutreys, les capitaines d'Andigné, de Trélan et Sourda et une escorte de cinq chasseurs. Les avantpostes français passés, il avait remis au brigadier de chasseurs une lettre pour Gérard, écrite à Florenne, l'avait congédié ainsi que l'escorte, et s'était lancé au galop avec ses officiers dans la direction de la frontière3. Il disait dans sa lettre à Gérard : «... Je ne veux pas contribuer à établir en France un despotisme sanglant qui perdrait

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