‹ 1815 (volume 2)Chapitre 86 sur 271 · LE BAL DE LA DUCHESSE DE RICHMOND · texte numérisé non relu

LE BAL DE LA DUCHESSE DE RICHMOND

Dès midi, Bllicher avait écrit à Mùffling pour lui annoncer que la division Pirch se repliait sur la rive gauche de la Sambre, et qu'il allait concentrer l'armée à Sombreffe où il comptait accepter la bataille. « J'attends, ajoutait-il, de promptes nouvelles de la concentration du duc de Wellington. » Cette lettre, arrivée vers sept heures du soir, et mise incontinent sous les yeux de Wellington, ne le persuada pas plus que ne l'avaient fait les deux dépêches de Zieten. « — Les dispositions du feld-maréchal sont fort bonnes, dit-il, mais je ne puis me résoudre à rien avant de savoir ce qui se passe du côté de Mons *. » Il allait enfin avoir la certitude que tout y était tranquille. Une lettre du général Dôrnberg, qu'il reçut entre neuf et dix heures, le renseigna à cet égard2. 11 se détermina alors, non point, comme le prétendent ses apologistes, à un mouvement de toute l'armée sur les Quatre-Bras, mais à une concentration partielle vers Nivelles3.

Après avoir donné ces ordres qui, en raison de l'heure avancée et de l'étendue des cantonnements, ne pouvaient avoir un commencement d'exécution avant le point du jour4, Wellington dit à Mûflling:

1. Mùffling, 198. — La lettre de Blûcher, ou plutôt la lettre dictée par Blûcher à Gneisenau, est citée par von Ollech, 100.

2. Mùffling, 199. Lettres de Dôrnberg, de Berkeley, de Behr, 15 juin. (Suppl. DispatcUes, X, 480-481.)

3. D'après cet ordre (Bruxelles, 15 juin, 10 heures du soir, Dispatches, XII, 494), la division Alten devait se porter à Nivelles, la division Cooke à Braine-le-Comte, les divisions Clinton et Colville à Enghien. Il n'était pas question des deux divisions belges qui, en conséquence, devaient continuer leur mouvement sur Nivelles, selon l'ordre précédent.

4. Ce fut là le dernier ordre donné dans la nuit du 15 au 16, sauf, vers minuit, l'ordre à la division Picton et au corps de Brunswick de se porter à 2 heures du matin à Waterloo, point intermédiaire entre Bruxelles et Nivelles. Au bal de la duchesse de Richmond, où Wellington donna vers minuit des ordres verbaux aux officiers généraux, il ne parla que d'une concentration à Nivelles. (Lettre du général Vivian. Waterloo

« — Mes troupes vont se mettre en marche. Mais ici les partisans de Napoléon commencent à lever la tête. 11 faut rassurer nos amis. Allons donc nous faire voir au bal de la duchesse de Richmond, et nous monterons à cheval à cinq heures du matin 4. » A Bruxelles, où cependant il y avait des fêtes tous les soirs, on parlait de ce bal, annonce depuis longtemps, presque autant que de la prochaine entrée en campagne. Ou savait que la duchesse de Richmond avait fait de grands préparatifs, qu elle avait aménagé en hall somptueux un vaste hangar contigu à sa maison de plaisance, que Ton danserait au son de la musique militaire, que Ton avait convié à la soirée L'élite de Tétat-major anglais et de la société comospolite de Bruxelles, diplomates russes et allemands, pairs d'Angleterre, émigrés français. On multipliait démarches, prières, intrigues pour obtenir des invitations. La duchesse de Richmond recevait avec sa fille aînée, plus tard lady de Ros, alors âgée de dix-sept ans2. 11 n'y avait guère plus de deux cents invités : le prince d'Orange, le prince Frédéric des Pays-Bas, le duc de Brunswick, le prince de Nassau, lord

letters 151.) Ce fut seulement en quittant Bruxelles, vers 6 heures du matin, qu'il donna des ordres pour une marche partielle vers les Quatre- Bnis. (Dispositions de Tannée anglaise, 1G juin, 7 heures du matin (Suppl. Disnatches, X,4%.) Il avait été prévenu vers 1 heure, au bal de laduchesse de Richmond, par une dépêche de Constant Rebecque au prince d Orange (Brame-le-Comte, 15 juin, 10 heures du soir, c.tee par van Loben, 176), que es Français s'étaient montrés aux Quatre-Bras. Encore, en passant a Waterloo, vers 8 heures du matin, Wellington toujours indécis prescnvit-il à la division Picton do s'arrêter jusqu'à nouvel ordre. (Siborne 1, 182.)

1. Mùifling, Ans meinem Leben, 199. Cf. Colonel Frazer, LeUers ,53o.

2. Lettre de Hervey, aide de camp de Wellington 3 ju.llet 1815. (mne teenth Century, mars 1893.) Collon, Wo.« of Waterloo, 14-15. * raseï Word on Wellington, 283, 285, 301. Lettre du général Vivian ( Waterloo Le terl Vo\.) Cf. la lettre du capitaine Bowles (citée par Malmesbury, Le tiers H 4451 où il v a d'ailleurs deux grosses inexactitudes. Voir aussi sur le bal de laduchesse de Richmond : lord Byron. CkUde Harold; Thackeray, Vanity Fair; William Pitt Lennox, Percy HamiUon.

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