Mûffling
l'armée française. Wellington apprit au duc de Brunswick que Bonaparte était entré en Belgique et qu'il pourrait bien y avoir bataille dans la journée. Brunswick, par une sorte de pressentiment, sentit le frisson de la mort. Il pâlit et se leva d'an bond, laissant dans ce brusque mouvement tomber sur le plancher le petit prince de Ligne qu'il avait sur ses genoux. Wellington prit à part tous les officiers généraux et leur donna verbalement les ordres de marche qui venaient de leur être envoyés par écrit. Ils ne tardèrent pas à quitter le bal. Prévenu vers une heure, en pleine fête, par une dépêche de Constant Bebccque, que les Français s'étaient montrés aux Quatre-Bras, le prince d'Orange partit pour Genappe. Peu à peu, le bruit se répandit que l'armée allait se mettre en route. Mais les jeunes officiers ne pouvaient s arracher à celte nuit de plaisir, « sur laquelle, dit lord Byron, allait se lever une si sanglante aurore». C'est seulement quand ils entendirent les trompettes et les bugles sonner l'assemblée, qu ils allèrent, tout courant, en bas de soie et en souliers à boucle, rejoindre leurs compagnies. La duchesse de Bichmond, profondément émue, aurait voulu arrêter le bal, mais les jeunes filles et les quelques jeunes gens qui n'appartenaient pas à l'armée continuèrent à danser jusqu'au jour.
Wellington prit congé à trois heures seulement, après avoir soupe. La duchesse fit réveiller sa plus jeune fille, un vrai babyàe Beynolds, qui vint de ses petites mains roses rattacher Tépée du général en chef ' .
1 Lettres de lady de Ros, citées par Fraser, 284, 300, 301, 305. Muffling, 199". Lettres prêtées de Hervey, du capitaine Bowles et du général Vivian,