‹ 1815 (volume 2)Chapitre 89 sur 271 · WELLINGTON AUX QUATRE-RRAS · texte numérisé non relu

WELLINGTON AUX QUATRE-RRAS

An bal, remarque Mùflling, Wellington était très gai. Il n'y avait pas de quoi! Tout le jour, il s'était obstiné à laisser ses troupes dispersées dans leurs cantonnements à quatre, huit, dix, quinze lieues les unes des autres ; et les ordres de la soirée, par lesquels il se flattait de réparer victorieusement sa lourde faute, étaient pitoyables. Son dernier dispositif ne tendait à rien moins qu'à découvrir la route de Gharleroi à Bruxelles pour protéger celle de Mons, qui n'était pas menacée. Si les ordres de Wellington avaient été exécutés, une trouée large de quatre lieues eût été ouverte entre Nivelles et la Basse Dyle, trouée par laquelle Ney aurait pu s'avancer jusqu'à mi-chemin de Bruxelles sans tirer un coup de fusil, ou encore, comme l'a dit Gneisenau, « se rabattre sur les derrières de l'armée prussienne et causer sa destruction complète ^ ».

Heureusement pour les Alliés,' plusieurs des subordonnés de Wellington avaient pris sur eux d'agir sans attendre ses ordres, et d'autres avaient intelligemment désobéi à ceux qu'après tant de temps perdu il s'était décidé à donner. Dans la journée de la veille, le major Normann avait défendu Frasnes, le prince de Saxe-Weimar s'était porté de Genappe aux Quatre-Bras avec sa brigade2, le général Chassé avait concentré sa division à Fay3.

1. Gneisenau au roi de Prusse, 12 juin 1817. (Cité par van Lôben, 225.) Cf. van Lôben, 177, note 2. Chesney, 109.

't. 1815, II, 127, 128.

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